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Première leçon d'élémentalisme

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Malka Covey Black
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Mer 9 Mar - 18:56
10 mars 2006


Cette fois-ci, Malka était venue seule, mais elle était aussi beaucoup moins angoissée que lors de sa première visite le mois précédent. Ou du moins, pas stressée pour les mêmes raisons. L'idée de voir Julianne VanHolsen ne lui faisait plus peur. Ca n'était pas la personne qu'elle préférait voir, mais elle avait en quelque sorte apprivoisé l'idée. Et si elle savait qu'elle aurait sans doute du mal à éviter un premier mouvement de recul, ça ne devrait pas durer. Julianne n'était pas la Grande, et s'était vraiment décarcassée pour le lui prouver. Et puis, il y avait un certain sentiment de victoire à voir cette crainte là se réduire. Un truc de moins dont elle n'aurait plus peur d'avoir peur, et c'était très appréciable, parce que la liste de choses déclenchant des symptômes plus ou moins prononcés de stress post-traumatique chez elle était longue.

Et parmi elle, la peur du noir, celui provocant une terreur absolue et incompréhensible comme dans les pires cauchemars d'enfants, mais fondée. Elle avait passé huit mois dans un noir quasi-total, à un tel point qu'elle avait dû porter des lunettes de soleil pour se réhabituer à la lumière après sa libération. Un noir terrible qu'elle avait associé à toutes les formes de privation et de douleur, un noir qui rendait fou de solitude. Oh, elle avait d'excellentes raisons d'avoir une veilleuse. Avant la conférence d'Harry, elle avait progressé au point d'arriver à se contenter des yeux brillants de son chat Nocturne pour se calmer la nuit, mais après l'épisode du Badau, elle l'avait ressortie et si elle avait été toute seule dans sa chambre, le plafonnier aurait été allumé aussi. Les instants plongés dans le noir dans la Grande Salle, au milieu de bruits sinistres, l'avaient profondément secouée. Plongée brutalement dans ses pires souvenirs, il lui avait fallu toutes ses forces (et celles du médaillon de Merlin) pour ne pas céder à l'hystérie sur le moment. Elle avait refusé de dormir à Poudlard pendant plusieurs jours après ça, et s'était bien fichue que le Directeur Rogue ne soit pas d'accord. Faisant preuve d'un entêtement qu'elle avait rarement l'habitude de montrer, elle avait obtenu 15 jours  de statut d'externe, pour rentrer tous les soirs Square Grimmaurd : son lit, sa lampe, sa maison, son frère en sécurité dans la pièce d'à côté et son père pour veiller sur eux. Non négociable.


 

Quel rapport, vous direz-vous, avec cette visite à Julianne VanHolsen ? Celle-ci lui avait proposé de lui apprendre à devenir élémentaliste d'eau. Ca n'allait certes pas l'aider à voir dans le noir, mais sur le long terme, ça serait un excellent moyen de se défendre, et elle avait désespérément besoin de se sentir forte, capable et en sécurité. Elle était donc assez enthousiaste à l'idée de cette leçon. Elle savait que ça allait être difficile, et avait secrètement un peu peur de ne pas être à la hauteur, mais elle comptait s'accrocher. Elle avait amplement prouvé qu'elle savait être tenace quand ça importait, non ? Elle avait bien obtenu une énième autorisation de sortie de la part du Directeur Rogue pour l'occasion. Ca avait plus ou moins eu l'air de le rendre encore plus… mort en dedans de lui donner, mais puisque c'était sa propre fille qui avait demandé… Elle suivit donc docilement le garde à travers les méandres du château, observant furtivement les décors luxueux, jusqu'à ce qu'il l'abandonne devant une porte. Elle ne connaissait pas cette partie du château mais c'était logique. Elle n'allait quand même pas recevoir une leçon dans la salle du trône! Prenant son courage littéralement à deux mains, elle frappa à la porte, d'abord d'un coup timide et quasi inaudible, puis se reprenant, de manière bien audible.
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Julianne VanHolsen
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Mer 9 Mar - 20:26
Aujourd'hui serait la première leçon d'élémentalisme de Malka. Et j'étais perplexe. Rien qui n'avait à voir avec l'apprentissage, non. Non, j'étais perplexe à cause des grincements qui s'étaient fait entendre ici comme à Poudlard. Selon ce que mon père m'en avait rapporté, tout était devenu soudainement noir comme de l'encre, encore plus que durant une nuit sans lune. Ils ne voyaient plus rien. Tous. Les grincements avaient augmenté en puissance et ce noir ... ce noir rendant tout le monde aveugle. Je posai mes paumes sur mes yeux qui ne voyaient plus. Noir, ils ne voyaient plus rien du tout. Est-ce que ... est-ce que les Enfers tentaient de revenir ? Pour se venger ? Le fait que tout le monde avait été plongés dans le noir à Poudlard était-il un présage ? Pourtant, la faille entre le monde infernal et et le nôtre avait été fermée par le rituel. Ils ne pouvaient plus revenir ! Ils ne pouvaient plus ! Sous le choc, j'avais envoyé un hibou à Nazélie qui m'avait répondu de manière absolue : le rituel avait été fait à la perfection, nul besoin de s'en faire. J'avais beau me répéter que Nazélie devait bien savoir ce qu'elle faisait, me dire de lui faire confiance, je ne pouvais pas m'empêcher d'être anxieuse. Et si. Si rien n'était terminé ? 

Autre chose qui me rendait perplexe : pourquoi est-ce que le médaillon de Merlin n'avait-il pas fonctionné ? Malka avait été dans une situation quand même perturbante, mais jamais les cristaux n'avaient avisé du danger potentiel. Pourtant, les grincements avaient envahis Poudlard, le noir y était tombé. Alors, pourquoi ? Cela ne pouvait n'être que de la magie noire, alors pourquoi est-ce que le médaillon n'avait pas fait effet en avisant ? Est-ce que Nazélie avait raison et, qu'au fond, il n'y avait pas eu de danger réel ? Alors, c'était quoi le bordel ? Est-ce que ce qui s'était passé était réel ? C'était à n'y rien comprendre !

Soupirant, je retirai mes mains de mes yeux quand j'entendis frapper à la porte. Ce devait être Malka. Je fit un sourire et me retournai vers la porte, tâtant le vide devant moi. Mes mains trouvèrent une table et mes doigts en suivirent le rebords. D'accord. Je savais où je me trouvais dans la pièce.

" Tu peut entrer, Malka "

Qui d'autre cela pouvait-il être ? Je suivi des doigts le bois de la table et je touchai un bol. Okay. Les servantes avaient tout placé au bon endroit. Cela ne serait pas aisé de tout trouver sans voir, mais j'allais y arriver. De toute manière, au début, il ne s'agissait que de trouver l'énergie. Je n'avais pas besoin de mes yeux pour l'aider à faire ça.


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Malka Covey Black
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Jeu 10 Mar - 16:06
L'autorisation d'entrer ne tarda pas, et Malka ouvrit donc doucement la porte. En face d'elle, Julianne VanHolsen lui souriait, une bonne initiative qui atténuait grandement toute ressemblance avec la grande. Voilà, pas si pire. En la regardant tâtonner un peu autour d'elle, la jeune Griffondor se dit pour la première fois qu'au-delà du fait que ça ne devait vraiment pas être pratique, voire dangereux, être aveugle devait aussi être vraiment angoissant. Etre plonger en permanence dans le noir, ça devait être effrayant, non ?

"Bonjour, Madame VanHolsen. Merci de me recevoir pour ces leçons."

Elle resta debout, ne sachant pas trop ce qu'on attendait d'elle, et en profita pour regarder la pièce dans laquelle elle se trouvait. C'était un salon, apparemment, avec pas trop trop de meubles ou de décoration, mais tous d'excellente qualité. Une vision du luxe qui se donnait du mal pour ne pas être tape à l'œil, mais qui impressionnait quand même. Logique, après tout, puisqu'elle était dans un château. Loin du trône, seules dans la pièce, c'était facile d'oublier que Julianne VanHolsen était une véritable Princesse.


 

Elle se tenait actuellement derrière une table que Malka observa avec curiosité. Est-ce que ça avait à voir avec sa leçon ? Sans doute, puisqu'elles étaient là. Elle  ne voyait pas trop comment tous ces objets pouvaient aider à capter son énergie magique, tâche somme toute assez abstraite, mais peu importait. Elle avait tout à apprendre après tout. Même après un mois pour digérer la nouvelle, elle avait du mal à réaliser qu'elle était une lointaine descendante d'un prêtre ou d'une prêtresse d'Avalon, une idée aussi solennelle qu'intrigante, et qu'elle allait pouvoir devenir élémentaliste. Elle y croirait un peu plus le jour où elle aurait réussi à manipuler de l'eau pour de vrai ! Peu de chance que ça arrive vraiment aujourd'hui, elle le savait mais un petit frisson d'excitation la parcouru alors qu'elle attendait en silence. Elle aurait cru que ce silence serait gêné, d'ailleurs, mais pas tant que ça. Elle ne savait pas pour Mme VanHolsen, mais elle-même n'était pas de nature très bavarde, de toute manière. Et puis, c'était un silence calme et sérieux, qui semblait préparer à quelque chose. Rien à voir avec les silences terrifiants que la Grande laissait parfois s'installer avant une séance de torture, mais quelque chose se préparait.Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle soit à la hauteur.
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Julianne VanHolsen
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Jeu 10 Mar - 22:10
J'entendis le cliquetis de la poignée qui se tournait. J'entendis aussi la porte s'ouvrir et les pas feutrés glisser sur le sol. Être aveugle apportait une chose, l'audition s'affinait. Est-ce que voir me manquait ? Horriblement. Depuis mon retour dans mon corps j'était privé du bonheur de pouvoir voir le sourire de mes enfants, la lueur amoureuse dans le regard de Ludwig, les yeux de ceux que j'aimais. Ne plus voir ce qui m'entourait, être à la merci du moindre danger était assez angoissant. C'était en quelque sorte ce que j'avais trouvé le plus difficile : être coupé du monde. Puis, il y avait le fait que mes soeurs et leurs filles étaient aussi atteintes de cécité. Ça, c'était difficile à avaler. Que je soit aveugle était une chose, qu'elles le soient alors que leur existence était de ma responsabilité (si elles étaient là c'était à cause de mon voyage dans le temps, non ?) bien ... je me sentais coupable et profondément responsable de leur état. J'espérais juste que mon plan serait réalisable. Toutes mes prières se tournaient vers cette possibilité, petite et tellement folle que j'arrivais à peine à croire à sa réalisation moi-même. La voix de Malka me parvint enfin et je sourit à nouveau. Cela allait me faire du bien de voir des gens de l'extérieur.

" Ça me fait plaisir, Malka "

Et c'était vrai. J'avais toujours été empathique et tournée vers l'aide aux autres. C'était ma nature. Ce que j'étais. Et c'était peut-être pour cette raison que j'étais parvenue à lutter aussi longtemps contre les Enfers. Avoir été autrement, j'aurais peut-être plongée plus rapidement. J'aurais échoué. Maintenant, tout était terminé et il ne restais plus qu'à clore les divers chapitres pour que, réellement, la victoire sur l'ombre soit entière. Parlant d'ombre ...

" Mon père m'a dit que les grincements s'étaient aussi fait entendre à Poudlard. Qu'en pense-tu ? "

Oui, je lui demandais son avis. Elle avait vécu assez d'expérience avec les mages noirs pour avoir un bon ressenti sur ce genre de choses. Personnellement, j'hésitais puisque les cristaux étaient demeurés silencieux. Ils auraient avisés en cas de danger potentiel envers le porteur du médaillon de Merlin. S'ils n'avaient pas sonnés, cela signifiait que le danger n'était pas imminent ou qu'il provenait d'ailleurs ou ... je ne savait pas trop. Je n'avais pas put en déterminer l'origine non plus à l'aide de la discipline d'augure. Donc, qu'est-ce que cela voulait dire ? C'était angoissant, sérieux. Toutefois, la chose, l'individu, bref ce qui produisait ces phénomènes étaient inaccessible. Pour le moment. Nous aurions le temps de trouver et de voir venir. Je fit un sourire rassurant et, tout en posant les mains sur la table qui se trouvais devant moi j'ajoutai :

" Peu importe ce qui produit ces bruits, je suis certaine que nous sommes en sûreté "

Pour le moment. Mais je n'allais pas le dire.

" Prête pour débuter ? " dit-je avec entrain


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Malka Covey Black
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Ven 11 Mar - 18:24
Ca n'était pas audible, bien sûr, mais Malka sourit quand Julianne lui affirma que ça lui faisait plaisir de lui donner des leçons. Elle la croyait. Ce ne pourrait qu'être "réparateur" pour toutes les deux de développer une relation positive et en plus d'en tirer quelque chose de bénéfique. Et puis, Madame VanHolsen était la princesse de son père, et elle savait qu'il l'appréciait. Lui l'appelait "votre Altesse". Si Malka n'était pas tenue par le même protocole, ça restait quand même probablement une bonne idée de bien s'entendre avec quelqu'un d'aussi influent et compétent.

La question sur les grincements la déstabilisa. A quatorze ans, on ne vous demandait pas souvent votre avis sur ce genre de questions, même si ayant grandi dans le repère de l'Ordre du Phénix, elle avait eu quelques privilèges d'information concernant la magie noire. La question de Julianne n'était pas de celles que l'on posait quand on était simplement pour dispenser son savoir de manière unilatérale à un élève jugé comme inférieur hiérarchique. Malka n'avait jamais vraiment cet ordre en question: à Poudlard, les professeurs savaient des choses, et elle-même était là pour apprendre. Bien que la plupart des adultes n'en jouent pas, et que certains avaient été des membres de sa famille avant de devenir ses profs, ce qui compliquait encore l'équation, cela créait forcément un rapport de force, ou du moins, c'était comme ça qu'elle le percevait. Ici, cependant, elle n'était pas à l'école. Elle aurait pu s'en aller quand elle voulait, ces leçons étaient entièrement facultatives. Et ça changeait entièrement la donne. Clairement,  par une simple question, Julianne venait de proposer un rapport plus... égalitaire.  C'était aussi inattendu que flatteur, et Malka s'efforça donc de répondre de son mieux :


 

"Je ne sais pas ce que c'était. Est-ce que vous avez eu du noir aussi? Il y a eu un moment où l'on arrivait plus du tout à éclairer la Grande Salle. J'ai trouvé ça terrifiant. Je ne savais même pas ce qu'était un Badau avant, mais je veux bien croire que ça désigne quelque chose de réel.  Après tout, les grincements sont réels."

Elle n'avait pas honte de dire que ça lui avait fait peur. Ca avait véritablement été un phénomène angoissant, et surtout sans explication, quasi un mois après. Elle savait que l'Ordre du Phénix enquêtait sur le sujet, mais elle n'était pas sûre de pouvoir aider beaucoup.

"Mais je pense que c'était de la magie noire. Je sais que ça n'est pas scientifique, ou infaillible mais… j'ai eu une crampe fantôme dans mon petit doigt droit. Et je suis certaine que ça n'était pas juste dans ma tête : ça a commencé quelques minutes avant les grincements. Les deux seules fois précédentes où j'ai eu mal comme ça, c'était quand Ana perdu les eaux un soir où elle me gardait. Et à ce moment là, elle était possédée. Et sur le Chemin de Traverse, quand j'ai reconnu un vendeur comme un Dévot. Deux situations où il y avait au moins un danger diffus. J'y ai beaucoup pensé. Est-ce que vous savez si le poignard de la Grande avait quelque chose de… spécial ?"

Elle n'était même pas sûre de vouloir entendre la réponse, en fait, mais éclaircir le mystère de ses crampes pouvait être important. A tous les coups que ce poignard avait pas mal de trucs pas propres à son actif, potions, rituels et, elle en était certaine, son doigt n'était pas la première partie de corps humain mutilée.  Elle déglutit audiblement. Elle voulait quand même bien croire qu'elles étaient en sécurité pour l'instant. D'abord il faisait jour et elles se trouvaient dans un pièce avec, Merlin merci, une grande fenêtre. Et ce château  était aussi bien, voir même mieux gardé que Poudlard.  Elle allait pouvoir se concentrer sereinement ici, même si elle n'oubliait pas sa première raison d'être là, apprendre à se défendre.

"Oui." répondit-elle d'un ton décidé.
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Julianne VanHolsen
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Sam 12 Mar - 13:39
J'écoutais l'adolescente avec attention. Son avis m'importais non seulement en tant que descendante d'Avalon mais aussi par son lien instinctif avec le monde des ombres. Quand on avait été en contact aussi direct avec le mal, quoiqu'on en dise cela laissait des marques magiques. Parmi ces marques, une certaine tendance à bien analyser les situations s'y rattachant comme si notre âme se mettais automatiquement en mode survie. De plus, à mon sens, dès qu'un individu approchait quinze ans il était à même d'avoir un opinion. C'était peut-être parce que j'avais été élevée par un homme assez intransigeant sur la place des enfants que d'entendre les avis des jeunes était important pour moi. L'avis de Malka était clair : les grincements étaient réels et provenaient certainement d'une essence noire. Je ne savais pas pour ce qui était de la magie noire ou pas; quoique j'ai des doutes sur le sujet; et pour la réalité des grincements ... c'était tout aussi difficile à dire. C'était imperceptible. Je l'écoutai parler de l'amputation de son doigt et du couteau e la Grande. Je pinçai les lèvres. Si je savais si ce couteau avait quelque chose de spécial ? Bien entendu. Lorsque j'avais réalisé être victime de malédiction, par hasard au gré de mes recherches pour mon voyage temporel, j'avais poussé les choses pour en apprendre plus sur ce qui m'attendais. Pour combattre un ennemi, il fallait le connaître. Je savais donc beaucoup de choses sur la malédiction et la situation l'ayant entrainé. Bien que je n'aimais pas discuter de ce qui était arrivé, je ne pouvais pas laisser le questionnement de Malka sans réponse.

" C'est un de mes ancêtres, Sarkasius Ternac, qui a voulu obtenir un don de voyance digne des Dieux. Il a donc pactifié avec les Enfers pour l'obtenir et, ainsi, avoir un puissant contrôle sur les autres. Pour lui octroyer ce pouvoir, les Enfers lui ont demandé l'âme de son propre père en échange ... Ternac a donc sacrifié son père sur un autel. C'est avec le couteau qui a tranché ton doigt que Aloysius Ternac fut tué et que la malédiction a prit forme. Mon ancêtre et ses descendantes atteintes ont, par la suite, toutes utilisées ce couteau sacrificiel pour torturer et tuer leurs victimes "

Question d'offrir le sang des victimes en dons aux Enfers, j'imagine. À ma connaissance, Malka était la seule qui avait survécue et qui pouvait témoigner d'un quelconque effet secondaire. J'eu un sourire à la fois triste et désolée. Je ne comprenais pas comment quelqu'un pouvait sciemment vouloir faire souffrir quelqu'un d'autre, moi qui avait toujours agit pour sauver des vies. Je ne comprenais pas et ne comprendrais jamais.

" Ton membre fantôme doit vibrer à l'approche de magie noire, parce que ton sang en reconnait l'essence. C'est une bonne chose que tu puisses être avisée de ce genre de danger, ça te donnera un avantage "

Il fallait bien trouver quelque chose de positif dans les malheurs. Sinon, jamais on y survivrait. Je laissai échapper un soupir -- plus d'incompréhension qu'autre chose -- avant d'ajouter :

" Selon ce que nous avons perçus, les grincements semblent provenir d'une autre dimension, d'un lieu que je n'arrive pas à saisir. Une sorte d'onde provenant d'un monde parallèle ... cela ne venait pas d'ici. Je crois que tes sensations sont vraies, il s'agit de magie noire. Venant d'un endroit qui n'est pas connecté au nôtre "

La faille temporelle était bien refermée. Le Seigneur Maliria était vaincu. Nazélie m'assurait que le portail vers les Enfers était bel et bien solidement fermé magiquement. Il s'agissait donc d'une nouvelle menace, si menace il y avait ... comment le savoir ? Peut-être que ce qui produisait ces bruits n'allait jamais revenir ou jamais réussir à entrer dans notre monde. 

" Laissons un peu les hypothèses et commençons ton apprentissage "

Je tapotai devant moi et touchai le bol. Mes mains glissèrent vers des herbes que j'avais fait placé non loin. Je prit une branche aux feuilles pointues et de couleur mauve. Je sentie le tout afin de m'assurer qu'il s'agissait du bon ingrédient. C'était le cas. Je déposai la branche dans le bol avant de prendre un briquet -- ouais, je ne pouvais plus utiliser de baguette, alors ... pas le choix de passer au mode Moldu -- pour allumer les herbes qui dégagèrent bientôt une douce arôme fruité. Avec un sourire, je dit :

" C'est de la trandescantia. Elle aide à se connecter à l'essence magique intérieure et à en focuser les effets. Tu vois une chaise près de toi ? Assieds toi confortablement pendant que j'allume une bougie "

À tâtons, je cherchai ce dont j'avais besoin pour créer l'ambiance propice à la recherche de l'étincelle élémentaliste de Malka.


Julianne F. VanHolsen
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Malka Covey Black
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Dim 13 Mar - 7:35
"Tuer.. son père ?"

Ca n'était pas le genre de question attendant une réponse. Même confrontée à l'horreur et à la cruauté la plus totale, il y avait certaines choses que Malka ne pouvait pas concevoir.C'était naïf de sa part, sans doute. Après tout, la Grande n'avait pas hésité à torturer sa propre fille pour la faire rentrer dans les rangs, avant de lui apprendre à torturer autrui. Les liens familiaux n'avaient rien de sacrés pour les créatures des Enfers. Mais, sacrifier son propre père avant même d'être possédé... Ce Sarkasius Ternac, un nom qu'il lui semblait avoir déjà entendu, ne devait pas être totalement humain. Si la simple nature humaine pouvait pousser à des horreurs pareilles, elle ne voulait pas le savoir. Faire du mal à son propre père à elle aurait été tellement... contre nature. Sirius était son héros. Elle ne faisait pas dans les excès de démonstration émotive, mais elle n'avait jamais eu peur non plus de faire connaître tout l'amour qu'elle avait pour lui, et "fille à papa" aurait été une assez bonne description. Elle avait arrêté de compter le nombre de fois où il l'avait sauvée. De l'orphelinat, de morts-vivants, de dévots, de tempêtes, de genoux qui saignent ou de cauchemars, peu importait. Et si entre sa captivité et les doutes de l'adolescence, elle avait été forcée à admettre qu'il n'était pas un super-humain et qu'il ne pourrait pas toujours la protéger de tout, ça n'avait pas d'importance. C'était son père, il essayait, et elle l'aimait. Il l'avait choisie, volontairement, quand il l'avait adoptée, malgré tous ses défauts. L'amour inconditionnel, c'était ça, et c'était peut-être la chose la plus précieuse au monde. Comment pouvait-on salir ça ? Non, un patricide lui était totalement inconcevable.

"Ca n'est pas possible que ce couteau m'ait... "contaminée", n'est-ce pas ?"

Elle était contente d'avoir une explication, mais l'idée que son sang reconnaisse l'essence de la magie noire n'était pas du tout plaisante. Beurk. La seule chose positive était qu'elle avait désormais une vraie cause pour ses douleurs fantômes. Une explication certes compliquée, mais qu'elle pourrait brandir la prochaine fois que quiconque semblait douter de sa santé mentale. Ca au moins, ça n'était pas juste "dans sa tête". C'était bête mais malgré toute son horreur, cette validation lui faisait énormément de bien.

"Merci de m'avoir tout raconté ça. Tant que ça n'est pas connecté au notre, ça n'est pas vraiment dangereux, alors ?"

Elle n'était pas idiote. Si ces vibrations venaient d'une dimension parallèle totalement séparées, elles ne les auraient jamais entendues. C'était donc que quelque chose avait changé, pour relier leurs deux mondes. Et s'ils s'étaient rapprochés, qu'est-ce qui prouvait qu'ils n'allaient pas le faire encore ? Elle savait pourtant la faille temporelle fermée. Bref, pour l'instant, cette idée nouvelle la dépassait un peu. Elle baissa la tête, un peu gênée quand Julianne la recadra gentiment. Elles avaient totalement dérivé ! Bien sûr que le temps de la princesse ne devait pas être infiniment disponible. Rougissant légèrement, elle essaya de se re-concentrer sur ce pourquoi elle était venue. C'était sérieux, après tout. Si l'élémentalisme était vraiment une discipline liée aux prêtres et prêtresses d'Avalon,ce qu'elle s'apprêtait à faire ne devait pas être pris à la légère.

Elle observa donc les gestes de Madame VanHolsen avec une attention mêlée de révérence. Manier un briquet en étant aveugle, voilà qui était du vrai Griffondor. La plante qu'elle venait d'enflammer était belle : des feuilles violettes comme ça, ça n'était pas courant mais ça avait un aspect très attirant. Voyait-elle une chaise ?


"Oui."

Il y en avait une juste en face de Julianne, en fait. Malka ôta sa cape, qu'elle posa soigneusement sur le dossier de la chaise, avant de s'y asseoir et de se rapprocher de la table sans oser toucher à son contenu. Ca commençait à ressembler plus à un rituel qu'à une simple leçon de magie. Des pointes d'excitation, de curiosité et de nervosité le disputaient à la solennité sereine du moment. Essayant de se détendre, elle inspira profondément, ingérant involontairement une partie de la fumée qui se dégageait du bol. Ses yeux piquèrent un peu, mais ça allait. L'odeur de la trandescantia était agréable,en fait. Ca lui rappelait un peu du thé aux fruits, en plus fort et en plus sec, et cette comparaison l'aida à achever de se détendre. Tous les Anglais le savaient, il n'y avait que de bonnes choses à tirer du thé.
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Julianne VanHolsen
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Mer 16 Mar - 21:05
Je laissai Malka absorber ce que je venais de lui annoncer concernant la malédiction Ternac. Peu de gens -- hormis ceux qui avaient plus ou moins participé activement aux travaux de recherches pour ma libération -- étaient au courant de ces détails scabreux. Il s'agissait d'une partie de "mon passé familial" que je préférais maintenant oublier. Qui aurait voulu souligner ces faits horribles ? Je prit soins de prendre un air rassurant devant les inquiétudes de l'adolescente, inquiétudes tout à fait normales cela allait de soit ! Savoir qu'un couteau rempli de maléfice était responsable de notre amputation et apprendre que, par son essence, notre sang en gardait une trace était grandement perturbant.

" Non, ne t'en fait pas ! Je me suis mal exprimée ... ton sang n'a pas absorbé de magie noire, c'est simplement que ton ADN se souviens de la blessure et qu'il réagit à l'approche du danger, comme un mécanisme de protection "

Je lui sourit calmement et ajoutai :

" Tu est encore parfaitement toi "

Maintenant, la question des grincements. Est-ce que ce qui produisait les bruits étaient dangereux ? Pas pour le moment. Je fit donc signe que non, certaine que tant que ce qui forçait les mondes ne perçait pas le voile nous étions saufs.

" Ce qui pousse contre la faille se trouve derrière. Je ne sais pas de quoi il s'agit, si cela est malicieux ou non mais je suis certaine que le département des mystères se penche sur le sujet et qu'ils feront tout en leur pouvoir pour éviter que la faille se perçe "

Il fallait avoir confiance. J'ajoutai avec un haussement d'épaules :

" Puis, les cristaux sont demeurés parfaitement silencieux ici. Cela signifie que tu n'étais pas en danger et que ce qui cause les grincements était innoffensif ... en tout les cas sur le moment. Si cela se répète et que tu ne vois aucun Justicars arriver, dit toi qu'il n'y a aucun danger imminent. Il se peut que de la magie noire soit en action, mais si les cristaux ne réagissent pas, c'est que cette magie n'est pas en mesure de nous atteindre "

Jamais le médaillon de Merlin aurait laissé un danger réel et imminent survenir. Il avait pour mandat magique de protéger son porteur. Il aurait réagit. 

Ces choses mises au point, je laissai Malka s'installer. J'écoutai silencieusement les sons qui me parvenait. Ce n'était que de cette manière que je pouvais savoir ce qui se passait dans mon entourage. J'entendis mon élève approcher la chaise pendant que les vapeurs de l'herbe montaient dans l'air. J'attendis plusieurs secondes, le temps que l'essence puisse être absorbé par Malka puis je dit d'une voix douce :
" Les vapeurs de trandescantia aideront à te connecter à ta magie intérieure ... ferme les yeux et respire lentement "

Je laissai passer du temps à nouveau, le silence nous entourant. Puis, je dit :
" Tu sentiras peu à peu une sorte de chaleur t'envelopper. Une chaleur qui part du centre de ta poitrine et qui va irradier vers tes épaules avant de t'envelopper. C'est ta magie intérieure, ton essence magique. Quand tu la sentira t'envelopper entièrement, dit le moi. Ensuite, ouvres les yeux ... comme je suis aveugle, j'aurai besoin que tu me guides "

Je ne voulais pas être dans l'obligation de tâter pour trouver mes choses incluant où se situais Malka. Pas question d'avoir un contact physique avec elle, même pas lui effleurer une main ! Dans le processus, beaucoup plus tard, j'allais devoir le faire mais pour le moment pas question de me retrouver à gérer une réaction post-traumatique. Cela ne serait bénéfique pour personne.


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Ludwig VanHolsen
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Jeu 17 Mar - 21:23
Julianne donnait sa première leçon d'élémentalisme aujourd'hui ! Le prince vampire en était très heureux. Sa femme avait besoin de se changer les idées, de se sentir véritablement utile. Elle avait toujours été une femme d'action et maintenant qu'elle était confinée à Westmacott et qu'elle ne pouvait plus pratiquer la Médicomagie, Ludwig avait l'impression qu'elle dépérissait. Ho, physiquement elle allait mieux. Mentalement aussi. Néanmoins, le sorcier savait qu'au fond d'elle une part était morte. Ludwig désirait ardemment que cette partie de l'âme de sa femme se ravive et il espérait que ces cours lui redonne foi. Alors, il avait préparé quelque chose ! Oui, il était l'as des idées de génie, demandez à Jenni ! Enfin, bref.

Ludwig marchait rapidement dans les couloirs, un plateau d'argent à la main. Il devait faire vite avant que la session ne débute. Mais comme toujours quand nous étions pressés, il se heurta à pleins de situations encombrantes. Premièrement, il fonça dans une femme de ménage qui portait des serviettes. Serviettes et plateau avaient tombés au sol. Lud avait donc dut revenir sur ses pas -- non sans avoir aidé à ramasser bien entendu - pour aller chercher un autre plateau. En chemin inverse, il avait croisé Jenni qui l'avait entretenu sur l'avancé de la sécurisation. Il en avait profité pour la taquiner un peu concernant Jacob ! Haha. Puis, Ludwig était revenu avec un nouveau plateau et avait croisé ses enfants. Bla bla, donne un peu du contenu du plateau, on donne des bisoux, on leur dit de bien se comporter en cours de maintien, oui ... et voilà, Lud avait poursuivi son chemin avant de tomber sur trois gardes qui lui avaient dit que des activités suspectes avaient été détectées dans le quartier est. Bha, allez le dire à Jacob et Jenni, qu'il leur avait dit ! Bon sang ! Bon, le vampire avait continué son chemin dans les longs couloirs et était finalement parvenu devant la porte du petit salon. Merde. Julianne avait déjà débuté. Arrrggghhhhh ! Bon, bien là ...

Avec un soupir, Ludwig toqua un peu à la porte. Il espérait ne pas déranger mais il ne pouvait quand même pas déposer le plateau au sol ! Premièrement, les chats auraient tout bouffé. Deuxièmement, Julianne, Malka ou quelqu'un d'autre pouvait mettre les pieds dedans et se casser la gueule. Donc, le Ventrue toqua et entra. POUAAAAHHHH ! Ça puais ! Oui, pour une personne ne possédant pas le don d'élémentaliste ce truc puait l'écoeurantite aigue. Ludwig plissa le nez en affichant un air de dégoût total. EUURRRRKKKEEUUUHHHH !

" Mais, qu'est-ce que tu fait brûler ? De la crotte de sombral ? Ça pues ton affaire "

DÉGUEU !!!!! Vite fait, Ludwig se rendit à la table. Il jeta un regard dans le bol où brulais le yark. Franchement, c'était horrible. Bon. Les bonnes manières ! Le vampire regarda Malka avant de lui sourire d'un air aimable.

" Bonjour, je suis Ludwig VanHolsen. Je vous ai fait préparer des scones. Si tu ne meurres pas empoisonnée par cette horrible odeur que ma femme te fait subir bien ... bon appétit "

Il déposa le plateau contenant les scones sur la table, tourna les talons et sortie de la salle presque comme s'il avait une horde de chasseurs de vampires munis d'ail à ses trousses. Il allait puer pendant six mois ! Pour sûr que ses vêtements seraient imprégnés de la puanteur ! Dégueulasse !
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Malka Covey Black
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Sam 19 Mar - 20:27
La seconde explication de Julianne sur son doigt acheva de la soulager. Un mécanisme de protection, c'était toujours comme ça qu'elle l'avait perçue elle-même, mais c'était bon d'en avoir le cœur net. Elle ne voulait rien de plus. Quand Maryna avait découvert le sortilège d'espionnage sur elle, avant qu'elle ne rentre à Poudlard, ça avait été terrible de réaliser qu'elle avait fait du mal à ceux qu'elle aimait malgré elle, qu'elle avait été manipulée son insu. L'impression de ne plus s'appartenir avait été très angoissante rétrospectivement, et elle été bien contente d'avoir tué cette nouvelle source d'angoisse dans l'œuf.

Quant aux explications sur les grincements, elles se voulaient rassurantes elles aussi, et Malka hocha la tête, certes inutilement pour son interlocutrice. Oh, elle n'était pas idiote. Elle sentait bien que Madame VanHolsen lui présentait les choses sous leur meilleur angle, le plus rassurant possible. Mais, quand les choses allaient à peu près bien, il fallait y croire aussi. Cette histoire de médaillon était réelle, non ? Savoir qu'il y avait potentiellement de la magie noire dans les parages, fut-elle dans une autre dimension, la ressentir sans qu'elle puisse agir… ça la mettait très mal à l'aise. Mais c'était mieux que si la magie noire en question avait pu l'attaquer. On prenait ce qu'on trouvait. Ou dans tous les cas, il fallait qu'elle essaie aujourd'hui sinon elle n'arriverait jamais à se concentrer sur la leçon du jour.

Fermer les yeux n'était pas une idée plaisante, quand malgré toute notre bonne volonté, on avait peur du noir, que l'on venait d'avoir une conversation sur un sujet angoissant, et que l'on se trouvait en présence du corps qui nous avait précédemment torturé dans le noir. Malka savait que fermer les yeux l'aiderait à se concentrer, et que si elle n'arrivait pas à se détendre assez pour le faire, elle n'arriverait à rien. Elle était venue là pour apprendre, et aussi prendre le contrôle sur une partie de ses peurs, ne pas les laisser la "manger". Et bien, il était temps de se forcer un peu et d'oser le faire, aussi désagréable que ce soit. Au moins, Julianne était aveugle et ne verrait pas si elle mettait du temps à fermer les yeux. Des paupières qui se ferment, ça ne s'entendait pas, n'est-ce pas ? Comme demandé, elle commença par essayer de ralentir sa respiration, ça allait la calmer. Elle se força donc à inspirer et expirer lentement en comptant jusqu'à huit dans chaque sens, jusqu'à ce que le rythme devienne naturel. Le silence était enveloppant, mais pas menaçant, et la fumée de trandescantia ne lui piquait plus la gorge maintenant qu'elle l'avait suffisamment inhalée. L'odeur semblait oblitérer ses autres sens et la pousser à l'intérieur d'elle-même : ses yeux se fermèrent tout seuls, et cette fois-ci, ce fut sans angoisse.


"Oh."

Le murmure lui avait échappé. Madame VanHolsen avait parfaitement raison, elle commençait à sentir une sorte de chaleur dans la poitrine, un peu comme si elle tenait à pleines main un mug de chocolat très chaud. C'était là, elle avait une essence magique ! Ca aurait dû être évident, puisqu'elle était une sorcière, pouvait se servir de sa baguette, et cetera… mais le sentir, c'était différent. Millimètre par millimètre, elle pouvait sentir la chaleur se diffuser vers ses épaules quand une voix d'homme la fit sursauter violemment. Elle s'était levée, poussant légèrement sa chaise en arrière, et avait les doigts refermés sur sa baguette au fond de sa poche avant d'avoir pu vraiment ouvrir les yeux, et hum… ? Ludwig VanHolsen était là ? Bouche bée, elle le regarda saluer, poser un plateau de scones sur la table, faire une blague de mauvais goût (empoisonnée par Julianne… ah. Ahah.), et partir aussitôt ? C'était… bizarre. Illogique. Mais qu'est-ce qu'il était venu faire, leur apporter le goûter pour repartir en courant ? Elle se rassit lentement sur sa chaise, se forçant à re-compter pour ralentir à nouveau sa respiration. Il faudrait qu'elle arrête de sur-réagir comme ça, aussi, mais c'était plus fort qu'elle. Elle avait eut de la chance, ça aurait pu être mal interprété.

"Et hum… une horrible odeur ?" répéta-t-elle d'un air interrogatif, vaguement sonnée.

On se serait crue dans le goûter d'Alice au Pays des Merveilles, au royaume de l'absurde. La petite chaleur était toujours là, et elle referma les yeux pour ne pas la laisser lui échapper. En plus, c'était bizarre qu'il vienne se présenter. Il pensait peut-être qu'elle l'avait oublié. Elle aurait dû d'ailleurs : il était venu la voir à Sainte Mangouste, au début, à l'un de ces moments où ils préféraient la maintenir endormie pour la réparer de partout. Mais elle avait ce souvenir assez flou d'avoir été réveillée un bref instant, avec l'impression de flotter hors de son corps (elle comprendrait plus tard que c'était l'effet de la potion anti-douleur). Ses parents étaient là, et cet homme aussi, qui voulait des informations pour retrouver Tamarah. Elle était incapable de se rappeler ce qu'elle avait bien pu répondre, droguée, désorientée et sans véritables informations intéressantes pour commencer, mais son visage sur le moment désespéré l'avait hantée alors qu'elle replongeait dans un sommeil sans rêve. Logique, en y repensant, que cet homme la voit alors dans son sale état et pense à ce qui devait arriver à son propre enfant.  Avec un léger soupir de satisfaction elle laissa la chaleur l'envahir lentement, chassant ces mauvais souvenirs. Le Ludwig VanHolsen qu'elle avait vu aujourd'hui était tout autre, juste comme sa femme.
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Julianne VanHolsen
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Sam 19 Mar - 22:23
Le silence était enveloppant, presqu'enivrant. Depuis que j'étais devenue aveugle, j'appréciais de plus en plus le silence et la tranquilité. Moi qui avait été une jeune femme porté sur l'action, je me surprenais à apprécier demeurer tranquille à écouter le chant des oiseaux. Peut-être avait-je besoin de cette étape dans ma vie pour rassembler ce qui en moi avait été brisé par la malédiction dont j'avais été la victime. Un moment pour me retrouver, moi. L'odeur de la trandescantia était douce, fleuri, ennivrante et calmante. Pour une élémentaliste, c'était peut-être l'odeur la plus belle qui puisse exister. Elle contribuait à nous connecter, à vibrer. Oui, la trandescantia était une plante magnifique. Souriant et laissant le silence m'envahir, je fermai les yeux comme pour inciter Malka à le faire. Je me souvenais de mes propres cours de contrôle, des moments intenses mais qui m'avaient laissé de bons souvenirs. Mon sourire se fit plus marqué quand j'entendis le "ho" presque murmuré de Malka. Sentir l'essence magique en soit était toujours quelque chose de merveilleux, presque spirituel. Puis ... on toqua à la porte.

J'ouvris les yeux et pinçai les lèvres. Bon sang ! J'avais expressément demandé à ce que personne ne vienne nous déranger ! Qui osait venir perturber la séance ? J'entendis la porte s'ouvrir et je plissai les yeux, fixant de mon regard vide l'endroit où me parvenais maintenant des pas. J'affichais mon air le plus princier qui soit, prête à faire une remontrance bien senti au serviteur qui ...
" Ludwig Hans VanHolsen ! " m'exclamais-je d'un ton de Maman outré
Qu'est-ce qu'il venait faire ici ? Il savait bien que ... quoi ?! Je poussai un soupir découragé. Mon mari était était tellement con ! Un superbe imbécile, voilà ce qu'il était. 
" Veux tu bien sortir d'ici ... tu n'as pas une rencontre avec l'archi-duchesse du Mans ? "

Ludwig détestais cette pimbêche qui ne cessais de battre des cils en pouffant dès qu'elle le regardait. Haha. Tiens, va voir ta groupie et laisse nous tranquille ! Je lui fit une grimace quand il osa prétendre que j'allais empoisonner Malka avec l'odeur. Franchement, allez zou ! Je roulai les yeux quand j'entendis la porte se refermer. Seigneur. Je tournai la tête en direction de Malka et lui sourit d'un air pratiquement désolée. Ouais, mon mari était un clown ! Haha !

" La trandescantia ne sent bon que pour les élémentalistes. Pour les autres, cela ressemble plus à une horrible odeur ... laisse-le faire, il est parfois un peu ... enfantin "

Bonne idée les scones, mais bon. Je laissai à nouveau le silence envahir les lieux en espérant que personne n'allait nous interrompre cette fois. J'aurais dut installer une affiche à la porte ! Je senti un sourire naître sur mes lèvres et j'attendis que Malka m'informe que la chaleur l'envahissait totalement, afin de poursuivre le rituel de connection élémentale.


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Dim 20 Mar - 7:10
C'était amusant de voir le couple VanHolsen s'envoyer quelques piques verbales. Si… normal. Et que l'on puisse qualifier un prince vampire d'enfantin la força à retenir un petit rire, achevant de chasser les résidus de peur et de surprise. Dur d'imaginer Ludwig VanHolsen, à la tête de tant de responsabilités, en train de jouer au Maraudeur !  Enfin. Son père à elle était bien Auror, avait enduré des années noires à Azkaban, et ça ne l'empêchait pas non plus d'enchaîner les farces.

Si la trandescantia ne sentait bon que pour les élémentalistes, alors c'était la confirmation ultime qu'elle pouvait le devenir. Comme appartenir à un club secret. Un frisson d'excitation la parcouru, et elle ferma de nouveau les yeux. Découvrir qu'elle avait du potentiel était enivrant. Jusqu'à présent, elle s'était trouvée douée pour survivre, pour s'occuper de son petit frère, elle était gentille, déterminée et c'était à peu près tout. Etre répartie à Griffondor avait été une victoire : quelqu'un lui reconnaissait du courage, même quand elle-même avait parfois l'impression d'en manquer. Souvent, elle se sentait petite et insignifiante, pleine de limitations absurdes. Oh, elle se convenait à peu près, mais elle se sentait rarement compter à plus grande échelle. Aujourd'hui pourtant, c'était différent. Elle, descendante de prêtres ou prêtresse d'Avalon, avait du potentiel, elle pouvait faire des choses. Elle n'était pas inutile ou invisible et le savoir changeait tout.

Le sentir était encore différent. Elle pouvait sentir la chaleur de son essence magique monter en elle, lentement. Elle n'avait plus peur du noir derrière ses paupières, avec cette lumière intérieure. La réalisation qu'elle possédait quelque chose de précieux, et qu'elle allait être capable, la rendait heureuse, tout simplement.  C'était une sensation merveilleuse. La chaleur avait grandi en envahissant son corps, s'arrêtant juste à la limite entre confort et douleur, sans franchir la ligne. C'était étrange, mais pas désagréable. Elle ouvrit les yeux, presque surprise de ne pas se voir irradier, mais le monde extérieur, par contraste, était resté inchangé.


"Ca y est."

Il y avait de l'émerveillement dans sa voix, et elle n'avait pas osé parler à plein volume, comme par crainte de chasser la chaleur. Elle était trop absorbée par la sensation pour s'inquiéter, désormais.
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Julianne VanHolsen
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Mar 22 Mar - 17:37
Les efflures odorantes enveloppaient les lieux et, laissant tranquillement passer les secondes, j'en profitai pour tâter un peu ce qui se trouvais devant moi. Il importait que je puisse trouver les éléments essentiels pour la suite des choses. Je tentais de le faire dans un silence relatif malgré mon handicap. Je trouvais le bol d'eau et laissai ma main gauche devant, ainsi je pourrais aisément et rapidement poursuivre le rituel. J'eu un sourire quand Malka m'informa qu'elle ressentais bien son énergie magique. Parfait ! Je prit le bol d'eau entre mes mains.

" Met ta main droite sur le rebord du bol, de manière à ce que je sente qu'elle est là "

Cela allait m'assurer de ne pas entrer en contact physique avec elle, ce qui aurait put lui faire peur. J'attendis de sentir une pression sur le rebord du bol, m'indiquant ainsi que l'adolescente avait mit sa main en place. Je plongeai alors ma main gauche dans l'eau avant d'en laisser tomber des gouttes sur celle de la jeune fille.

" Ressent l'eau, laisse la glisser sur sa peau et essai d'imaginer qu'elle entre en toi pour se mêler à la chaleur que tu ressent "

Je laissai encore tomber quelques gouttes sur la main de Malka avant d'ajouter :

" Prend le bol et pose le devant toi. Plonges tes mains dedans et imagine l'eau rejoindre ta chaleur. Tout est une question de visualisation. Tu peux fermer les yeux pour t'aider ... imagines un fleuve, une rivière, une chute qui remonte dans tes mains vers ton essence magique. Bref, tu dois trouver une façon à toi, une image qui va permettre à cet eau de s'unir  ton essence. Quand cela arrivera ... tu le sauras "

Pendant que Malka effectuais cette étape, je laissai mes mains trouver un burin. Je cherchai un sachet contenant des graines de lin que je moulu en prononçant une incantation dans la langue ancienne des Prêtresses. Cette incantation allait permettre de "canaliser" l'union de l'eau et de l'essence afin d'éviter une "explosion". 

" I appellu à u elementals acqua, quelli chì prutege i fiumi, laghi e oceani. Aiutu par i vostri ripresenta a riuniri la to 'elimentu putenti, tantu idda si junciu a so essenza magicu. Guida di tandu è culà a aiutari Channel i so puteri. Chì l 'acqua serà unita cun ella, a so essenza. Bravu"

Je laissai passer quelques secondes et murmurai pour ne pas déranger Malka dans sa concentration.

" Prends le temps de bien respirer ... imagines que l'eau fait partie de toi, qu'elle est toi "


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Mer 23 Mar - 16:44
Obéissant aux instructions sans se poser de questions, toute absorbée par la sensation de chaleur qui rayonnait, elle posa sa main droite sur le rebord du bol comme demandé. Est-ce que Julianne, en tant qu'élémentaliste exposée à la trandescantia, ressentait aussi son essence magique aussi présente, et si oui, comment pouvait-elle se concentrer pour faire autre chose ? C'était absolument enivrant. Elle ne pouvait pas dire que sa vision était devenue floue ou qu'elle était soudain devenue sourde, mais ses autres sens semblaient avoir reculé face à au parfum de trandescantia qui continuait à flotter et à la chaleur qui semblait rayonner à travers elle. 

 

Les gouttes d'eau fraîche roulant soudainement sur sa main vinrent briser cette torpeur. Le liquide lui semblait presque froid en comparaison avec la sensation de chaleur interne, et elle pouvait sentir chaque goutte alors qu'elle glissait lentement le dos de sa main, se déroulant en spirales  irrégulières autour de ses quatre doigts avant de goutter. Cela dessinait comme des petits chemins de froideur contrastante sur sa main, et elle aurait presque pu s'attendre à les voir s'éclairer. C'était une sensation agréable, aïgue, comme si sa main avait absorbé toute la sensibilité qui semblait avoir déserté le reste  de son corps.

Imaginer qu'elle entrait en elle pour se mêler à la chaleur ? Ca semblait… contreintuitif. L'eau était froide, et elle n'avait aucune envie d'éteindre ce feu intérieur. Néanmoins, ça ne serait pas quelques gouttes qui allaient briser son essence magique, n'est-ce pas ? Elle s'imagina donc que les gouttes étaient absorbées par les pores de sa peau. L'image mentale était facile à conjurer, mais dans un léger grésillement (était-ce réel, ou le fruit de son imagination ?), celles-ci s'évaporèrent, incapables de lutter contre la chaleur intérieure. C'était raté.

Elle n'eut pourtant pas le temps de se décourager, que déjà Julianne lui donnait des instructions plus détaillées. Disciplinée, elle prit le bol et y plongea les mains jusqu'aux poignets, les laissant flotter dans l'eau contenue, et ferma les yeux. S'efforcer de créer une image mentale de courant vif remontant dans ses mains, le longs de ses bras et droit dans son essence magique. Ok. L'impression qu'une vague glacée venait de s'échouer violemment contre son corps si confortablement enveloppé de chaleur lui coupa brutalement le souffle. Elle déglutit audiblement en s'efforçant de chasser la sensation d'avoir failli se noyer. Clairement, ça n'était pas ça non plus. Elle n'était pas certaine que l'eau dans le bol soit si froide, et d'ailleurs ça n'avait pas d'importance. La quantité contenue d'aurait jamais eu la capacité de la plaquer à sa chaise en la submergeant, comme la vague venait de le faire. Et pourtant, elle savait qu'elle était encore sèche. C'était un symbole qu'elle percevait comme réel. Subtilement, sans qu'elles en rende vraiment compte, les effluves de trandescantia semblaient avoir déréglé tous ses sens. Un étrange chant flottait, comme porté par la fumée odorante, et il fallu plusieurs secondes à Malka pour réaliser qu'il s'agissait sans doute de Julianne qui chantait.

Ecoutant une nouvelle fois les instructions, elle se força à respirer profondément, laissant les vapeurs aromatiques lui chatouiller la gorge. La vapeur, c'était ça la solution ! Après tout, si l'eau devait être son élément, personne n'avait jamais dit qu'elle devrait se contenter de s'en servir sous forme liquide. Et la vapeur résoudrait l'incompatibilité de température. Remuant avec délice les doigts dans le  liquide frais, elle imagina qu'il se transformait peu à peu en volutes de vapeur s'enroulant autour de ses bras et de son torse avant d'entrer en elle. Cette fois-ci, son essence magique n'émit aucune résistance, et elle pouvait presque la visualiser, ondulante et souple, absorbant la vapeur d'eau dans sa fournaise avec un peu de brume dorée pour toute trace.

Ping, ping, ping. Distraite par ce petit bruit faible mais répétitif, elle rouvrit les yeux. Ses mains étaient rougies, comme si elles avaient réellement exposées à une grande chaleur, et le bruit venait de ses ongles qui tapaient légèrement contre les parois du bol tandis qu'elle les remuait toujours doucement, dans l'air. Le bol était vide. Elle le fixa, incrédule, tandis qu'une sensation insistante de pression s'installait à l'intérieure de son crâne. Elle? Elle venait vraiment de faire ça, se transformer en cocotte minute élémentale ? Elle écarta légèrement le bol du coude, et appuya fermement sur ses tempes avec ses pouces, essayant de chasser la désagréable sensation de pression.


"C'est vide."


 

Annonça-t-elle d'une voix absolument stupéfaite. Jamais elle ne se serait attendue à vider un bol d'eau le jour de sa première leçon, et encore moins de l'absorber. La chaleur en elle semblait désormais se mouvoir, s'agiter, changer. Toutes ces nouvelles sensations étaient extrêmement déstabilisantes.
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Julianne VanHolsen
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Mer 23 Mar - 20:28
Le silence, toujours le silence. Il était important dans l'exercice. Malka devait se concentrer, ne faire qu'une avec son essence et son élément. Je laissai par conséquent le silence envahir les lieux. Dehors, on pouvait entendre les oiseaux qui piallaient joyeusement. Dans le couloir nous parvenait parfois le son des pas des employés qui allaient et venaient, occupés à leurs tâches respectives. Les voluptes de fumée envahissaient la pièce, dégageant un odeur de plus en plus douce, de plus en plus relaxante. J'avais les yeux fermés question de profiter de l'ennivrement de la situation. Pour une élémentaliste cette odeur, je le répète, constituait une sorte de dôme, un refuge, un oasis où elle pouvait se connecter d'une manière qu'aucun sorcier, même le meilleur qui soit, ne pourrait jamais atteindre. Je ressentais l'air contre ma peau, le léger souffle de Malka qui gonflait et redescendait, la douce brise qui entrait par la fenêtre glissait dans mes cheveux avec un délice certain. Je laissai mon corps se détendre, m'enivrant de l'air ambiant. Il y avait des lustres que je n'avais pas laissé la trandescantia pénétrer mon âme et cela me faisait un effet si calmant que je m'en voulu légèrement de ne pas y avoir pensé durant ma dépression. Cela m'aurait certainement aidé à remonter. Puis ... 

J'ouvris les yeux. Vide ?! Malka avait vidé le bol dès son premier essai ? Aussi rapidement ? Houlà ! Lentement, je levai ma main gauche en direction de la voix de la jeune fille, qui devait ressentir une oppression considérable. Absorber aussi rapidement pour une novice provoquait une douleur et une sensation désagréable pour sûr ! C'était une des raisons pour lesquelles le Maitre devait être du même élément que son élève ou d'un élément connexe. Il y avait toujours des risques à gérer. J'agitai donc les doigts lentement, puis de plus en plus rapidement, retirant l'air que contenait l'eau absorbé par Malka. La pression allait se réduire.

" Ne bouges pas ... la pression est normale. Je retire l'air de l'eau et tu te sentiras mieux dans quelques instants "

Agitant les doigts, je fit un geste circulaire avant d'immobiliser la main. Ça devrait aller. Je fit un sourire rassurant à l'adolescente.

" Ça va mieux ? "

Je reposai la main sur la table. Nous allions prendre une petite pause ! Il fallait y aller lentement et il fallait dire que Malka avait une grande capacité pour avoir réussit ça d'un coup ! Peut-être était-ce parce que son corps avait déjà réagit à l'eau lors de sa captivité ou bien son ancêtre était vraiment puissant. Un gêne lointain qui réagissait de manière aussi intense, c'était ... phénoménal !

" C'est intense, non ? On va prendre une petite pause. Je te félicites, pour un premier essai, c'était très bien réussi, même remarquable. Ton gêne est lointain mais il réagit fortement et rapidement ... à mon avis, cela prouve l'appartenance à un grand prêtre ou une grande prêtresse "

Je cherchai le plat de scones et, lorsque je le trouvai, je le poussai un peu en direction de la jeune fille.

" Ludwig a eu une bonne idée, finalement ... le sucre regénère l'énergie "

Je fit un sourire tendre, presque maternelle, avant d'ajouter :

" Je suis vraiment fière de toi ! Je croyais que ton apprentissage serait long, mais maintenant je suis certaine que d'ici quelques semaines, tu parviendras à faire jaillir l'eau de tes paumes. Il faudra apprendre à contrôler la puissance, doser l'énergie mais vraiment ta capacité est exceptionnelle "

Je gardai le silence quelques instants, réfléchissant. Il pourrait être possible et surtout, intéressant pour la suite de l'initiation de Malka -- et l'intégration de ses traumas -- qu'elle participe un peu plus " à l'action".

" Est-ce que je peut te confier quelque chose ? "


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Malka Covey Black
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Jeu 24 Mar - 6:07
Elle avait l'impression que quelque chose de diffus poussait à l'intérieur de son crâne pour sortir. Ca ne faisait pas exactement mal, ou en tout cas, pas quand, comme elle, on avait développé une certaine tolérance à la douleur, mais c'était étrange et désagréable. La pression interne provoquait un léger bourdonnement dans ses oreilles mais avec les effets de la trandescantia affectant ses sens, ça n'était pas aussi dérangeant que ça aurait pu l'être. La tête dans ses mains, elle s'efforçait donc de chasser la sensation sans trop savoir si prendre, quand Julianne lui dit de ne pas bouger. Yeu baissés sur la table, elle arrêta donc de se masser les temples et attendit, essayant de ne pas se crisper. C'était la première fois que Julianne se servait de ses pouvoirs d'élémentaliste sur elle, en bien. Les vagues mouvements de doigts qu'elle percevait tout en refusant de les regarder directement lui rappelaient des choses, mais elle refusa de se laisser entraîner dans ce genre de pensées. Après tout, si elle n'avait pas un minimum confiance en Julianne, venir ici ne servait à rien.  Graduellement, la pression se réduisit, et elle se redressa, coinçant une mèche de cheveux blonds derrière son oreille.

"Oui, merci."

Elle  eut un sourire timide en réponse à celui de Julianne. En effet, intense était un mot pour décrire ce qui venait d'arriver. Jamais elle n'aurait soupçonné avoir cette essence en elle, et encore moins être capable d'agir dessus. Elle avait presque l'impression d'avoir un nouveau corps tant ses sensations étaient affectées. Toujours un peu incrédule, elle regarda ses mains dont la rougeur s'effaçait peu à peu. Elle n'était pas sûre de mériter le compliment.

"Mais… Je crois que j'ai triché, en  quelque sorte. Je n'arrivais pas à imaginer l'eau du bol entrer en mois alors j'ai… J'ai fais comme si c'était de la vapeur à la place de liquide, et ça a marché. On a le droit de faire ça ?"

Elle se sentit rougir. Pour imaginer une rivière et se sentir eau, bien pour l'instant, elle ne se sentait pas si douée ! Elle était surprise aussi, de se rendre compte à quel point obtenir l'approbation de Julianne lui importait. Ce "je suis fière de toi", qu'elle n'avait pourtant même pas l'impression de mériter, lui donnait un baume au cœur inattendu. L'expression de Julianne en cet instant était poignante. La toute dernière chose à laquelle elle se serait attendue aujourd'hui était d'être rappelée de sa mère biologique, Evangeline Covey. Les deux femmes ne se ressemblaient pourtant pas. Dans les souvenirs de plus en plus lointains de Malka, le visage entouré d'un halo blond avait pourtant le même air de suprême douceur qui s'affichait actuellement sur le visage de Julianne, celui qu'elle avait si longtemps associé à la Grande. Déstabilisée par ce soudain accès d'émotions contradictoires inattendues, elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle commença à vouloir les chasse, battant furieusement des cils, avant de se rendre compte que c'était inutile puisque Julianne ne pouvait pas la voir. Elle pleurait assez rarement, alors pourquoi maintenant ? Elle attrapa un scone pour se donner une contenance, et le mangea lentement. Même mâcher ou déglutir semblait différent de d'habitude. Probablement tout la faute de la trandescantia. Hum.

"Est-ce que je peux ouvrir la fenêtre?"

Julianne semblait… plus détendue. Mais même si le parfum de la trandescantia était extrêmement agréable, il empêchait Malka de démêler ses pensées à l'instant même. Un grand prêtre ou une grande prêtresse, capacité exceptionnelle ? C'était beaucoup. Excitant, un peu effrayant, et peut-être pas si mérité. Après tout, elle n'avait pas fait exprès de vider le bol, et si c'était ses gênes… bien ça n'était pas quelque chose pour lequel elle pouvait prendre crédit. Elle se leva, les muscles si détendus par sa récente expérience qu'elle avait l'impression d'avoir des jambes en coton, et failli trébucher. Elle se rattrapa à la table et se dirigea vers plus de soin vers la fenêtre déjà entrouverte, passant la main dans l'ouverture. L'idée d'être dehors, ou dans ce cas, d'avoir simplement sa main à l'extérieur, était apaisante . Avec l'air frais, cela lui permis de reprendre un peu ses esprits tandis que le silence reprenait le contrôle de la pièce. Tourner temporairement le dos à Julianne aidait aussi. Elle émit un "mmhmm" d'approbation à la question de son initiatrice, pas certaine d'avoir retrouvé le contrôle complet sur sa voix. Des confidences ? Une pointe de curiosité la saisi alors qu'elle achevait de mâchonner son scone.  Le goût du sucre était réconfortant. Madame VanHolsen semblait pourtant en contrôle de la situation et elle ne voyait pas trop ce qu'elle, une simple adolescente, pouvait apporter, mais clairement, qu'elles le veuillent ou non, ce qui venait de se passer et ces leçons d'une manière générale les rapprochaient.
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Julianne VanHolsen
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Jeu 24 Mar - 9:00
J'étais vraiment heureuse de cette réussite et, en toute honnêteté, je crois que je me sentais aussi fière que quand ce serait mes propres enfants qui allaient apprendre à contrôler leurs pouvoirs. C'était la toute première fois que je faisais office de professeur et je devais avouer que j'aimais ça. L'idée d'enseigner la magie aux enfants vampires qui en présentaient les caractéristiques me traversa l'esprit. Pourquoi ne pas les prendre pour leur apprendre à focuser leurs énergies avant leur entrée à Poudlard ? Je n'avais plus le droit de sortir du territoire vampire ni d'utiliser une baguette magique mais, pour le reste, je n'avais aucune interdiction. Puis, cela me ferait passer le temps. Il me restais neuf ans enfermée, il fallait bien que je fasse quelque chose ! Ce n'était pas du tout mon genre de demeurer les bras croisés sans rien faire. Ho et ... si je fondais une école de sorcellerie seulement pour les vampires ? Une école pré-poudlard, en quelque sorte ... pour disons les huit a dix ans. Pour les vampires pour le moment, car je ne pouvais pas sortir d'ici mais ensuite pourquoi ne pas l'intégrer à tous ? Ce devait être les gênes de mon ancêtre Rowena qui me faisait tourner la tête, parce que je trouvais l'idée excellente ! J'eu un autre sourire quand Malka m'avoua "avoir triché". Oui, je ressentais un genre de fibre insoupçonnée : celui de l'enseignement.

" Bien sûr que tu as le droit. Et, tu n'as pas triché. La vapeur d'eau demeure de l'eau ... tu as simplement eu l'instinct de métamorphoser les cellules de ton élément, ce qui est un excellent réflexe. Tu peut utiliser les propriétés de l'eau de la façon dont tu est le plus à l'aise : en glace, en neige, en liquide et même en vapeur. L'important, c'est d'aller la puiser de la manière qui est la plus efficace pour toi "

Je fit un bref signe positif de la tête quand l'adolescente me demanda si elle pouvait ouvrir la fenêtre. Oui, un peu d'air frais allait faire du bien. Je ne pouvais évidemment pas voir que Malka était émue par mes encouragements et mon attitude maternelle, que je prenais spontanément comme toutes mères savaient le faire. Quand on était une maman, on avait une sorte d'aura bien difficile à réduire à néant. C'était une question de ... d'instinct ? D'hormones ? Bref, seules les mères pouvaient dégager ces essences sans vraiment s'en rendre compte. Et, de par ma cécité, je n'avais aucune idée que la jeune fille avait été touchée au point d'en avoir les larmes aux yeux. Cela m'aurait tout aussi touchée d'en avoir conscience mais, pour le moment, j'affichais simplement un air calme et posée. 

" La prochaine fois, si tu absorbe trop rapidement et que tu sent la pression, imagines que la vapeur sort par tes oreilles ou ton nez. Visualises que tu as une soupape pour faire sortir le trop plein. Vas-y lentement ... parce que visualiser cela peut te faire produire des jets de vapeur réels et même de l'eau. "

Il ne faudrait pas provoquer une inondation tout de suite ! J'eu un sourire quelque peu amusé en imaginant les pois-de-senteur totalement submergés -- ce serait le jardiner qui allait en faire un drame -- quand Malka émit une sorte de hum d'assentiment. Je laissai glisser mes mains sur la table, trouvai un couvercle et le placai sur le bol odorant. Pour le moment, nous étions en pause et les voluptes n'étaient pas une bonne chose pour garder les idées claires.

" Le voyage que j'ai l'intention de faire avec mes soeurs, c'est à Avalon "

Je laissai quelques secondes passer le temps que l'annonce soit vraiment absorbée. Voyager à Avalon, dans un endroit dont personne n'avait idée du lieu était une nouvelle étonnante. Mes soeurs m'avaient probablement toutes regardé comme si j'étais un navet quand je leur avait sortie l'idée ! J'aurais fait la même chose à leur place.

" Sur Avalon, se trouve la fontaine de Morgane. Son eau est réputée comme possédant de grandes proprités magique de guérison. On dit qu'elle peut même empêcher un être au seuil de la mort d'y plonger. Je veux trouver cette fontaine. En aspergeant les yeux de mes soeurs de son eau, elles retrouveront la vue. Nous emporterons des fioles pour ramener de l'eau pour Tamarah et mes nièces. Aucune d'entres elles ne méritent la cécité "

Je voulais leur redonner la vue. Pour ma part ... je devrais résister à utiliser cette eau magique pour moi-même. Au début, je voulais aussi retrouver la vue, bien entendu. Cependant, quelque part au fond de moi me souffais une voix qui me disait que je méritais mon sort. Je ne savais donc pas encore si j'allait utiliser l'eau pour me guérir moi-même. Nous verrions en temps et lieu.

" Je sais que le lieu même d'Avalon est inconnu et qu'elle sera difficile à trouver. Aetha et Abigail sont en train de faire les recherches dans les livres. Il n'y en a aucun écrit en braille sur le sujet, alors cela demandera du temps pour trouver ... mais, une fois que nous trouverons, je suis certaine que nous pourrions nous y rendre en tant que descendantes. Au fond, maintenant, c'est nous les Prêtresses d'Avalon "

C'était un fait. Nous n'y habitions pas mais par définition comme cela se transmettais de mère/père à enfants et que nous étions des descendantes ... bha, qui pouvait se permettre de prendre le titre -- en quelque sorte ? L'idée de ce voyage était peut-être une illusion, une quête impossible ... mais elle faisait partie de ma marche vers la rédemption et la victoire "totale" sur la malédiction. Non, les enfers ne nous auront rien enlevé !

" Est-ce que tu aimerais venir avec nous ? Je crois que ce voyage pourrait compléter ton initiation élémentale ... et tu pourras toi-même poser la question de ton ascendance à l'Oracle d'Avalon "

Quand je disais que j'aurais les moyens de déterminer quel était l'ancêtre lointain de Malka. L'Oracle d'Avalon pouvait aisément le déterminer. Il ne restais qu'à le trouver. Question de temps.

" Tu pourrais aider Aetha dans les recherches en bibliothèque "

Des yeux de plus étaient toujours utile ! Il fallait trouver cet endroit.


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Jeu 24 Mar - 15:59
C'était un peu bête, mais en expliquant avoir pensé à de la vapeur plutôt qu'à de l'eau liquide, elle se sentait comme un enfant pris en train de voler du chewing-gum. Julianne semblait croire qu'elle était douée, mais tout ce qu'elle avait fait, c'était utiliser un artifice pour contourner le problème au lieu de l'affronter. Sûrement, il y avait des règles à respecter pour ce genre de choses, non ? Sa professeur lui expliqua pourtant que non : ça n'était pas de la triche, c'était un réflexe. Si la magie élémentale était quelque chose d'aussi personnel qu'elle lui expliquait, Malka allait devoir se pousser un peu pour s'autoriser à tenter des choses sans demander sans cesse la permission. Vraiment, l'un des aspects déstabilisants de cette leçon était l'absence de hiérarchie figée entre professeur et élève. Ca n'était pas comme par exemple en Histoire de la Magie, où Tante Amélia avait les bonnes réponses écrites dans un livre, et tout le savoir de la terre à leur transmettre. Ici, c'était d'abord un cours particulier : elle était seule face à Julianne. Et il ne s'agissait pas d'ingurgiter un savoir déclaré canon par un livre quelconque mais d'apprendre à se connaître, et d'un seul coup, il y avait beaucoup moins de règles. C'était un peu effrayant, mais peut-être qu'au fond, c'était aussi ce qu'elle était venue chercher.

L'idée que de la vapeur puisse lui sortir par le nez et les oreilles, comme les personnages en colère dans les dessins animés moldus lui arracha un reniflement amusé et quelques larmes supplémentaires. Depuis combien de temps n'avait-elle pas regardé un cartoon ? Evangeline Covey était d'origine moldue, une culture qu'elle n'avait jamais reniée et transmise à sa fille aînée, mais qui avait peu à peu disparu de la vie de Malka depuis la mort de ses parents. Elle sorti un mouchoir de sa poche, essuyant ses larmes avec le coin avant de se moucher. Elle avait quatorze ans aujourd'hui, elle en avait eu sept quand ses parents étaient décédés. Elle avait réalisé récemment que désormais, avec chaque jour qui passait , sa vie sans les Covey était plus longue que celle avec eux. Ca semblait impossible, et pourtant, c'était vrai. Oh, Maman lui manquait ! Ses mamans, en fait : si elle pensait souvent à Evangeline en ce moment, c'était aussi parce que le départ de Nazélie avait laissé un vide.  Mais, elle n'était plus une petite fille : elle était grande et capable de se débrouiller sans elles désormais, il le fallait bien. Si elle pouvait faire sortir toute seule des jets de vapeur de son nez, elle devrait pouvoir s'en sortir.

Ah, elle s'en était donc bien doutée que le mois précédent, Julianne avait cherché à leur faire avaler des couleuvres et qu'elle voulait vraiment voyager. Voyager à … Avalon?! Mais…  Laissant la fenêtre grande ouverte, elle retourna s'asseoir face son initiatrice.  Elle commençait à avoir des "fourmis" dans les jambes avec toutes ces émotions et sensations en pagaille, et elle tenait à être assise avant que ça ne devienne trop fort et qu'alors le bruit qu'elle ferait en marchant la trahisse.


"Mais… Avalon existe encore ? Je croyais que c'était dans une autre dimension désormais, derrière les brumes magiques."

Pour tant est que ça soit toujours là.  La légende datait de nombreux siècles quand même et ça faisait si longtemps que personne  n'y avait mis les pieds !  Peut importait en cet instant que Julianne en puisse pas quitter légalement Westmacott :le voyage semblait assez improbable pour que l'on se préoccupe de ce genre de détails techniques. Et puis, si Avalon était vraiment trouvable, elle doutait qu'il s'agisse d'un espace réglementé par le droit magique régulier.


 

Avec un soupir, elle s'efforça d'agiter les orteils dans ses chaussures pour déloger la sensation de picotements. Cette fontaine magique semblait une idée plus que plaisante. Si elle avait vraiment tous les pouvoirs qu'on lui disait, elle comprenait pourquoi Julianne voulait y accéder pour  rendre la vue à… ses sœurs, Tamarah et ses nièces. Pas pour elle-même ? C'était pousser l'abnégation un peu loin, non ?  Balançant légèrement ses jambes, Malka se dit qu'en même temps, c'était peut-être une idée qu'avait Julianne pour éviter de s'attirer les ennuis. Elle pouvait comprendre. Elle faisait pareil pour plein de choses, même si elle savait de manière objective qu'éviter compulsivement les armoires n'avait jamais protégé qui que ce soit du danger. Ca n'était pas elle qui allait juger, toujours. C'était important de se raccrocher à des idées rassurantes et agréables, fussent-elles autant des illusions que ses peurs irrationnelles. Si une fontaine de guérison magique existait vraiment et était capable de guérir même les traces des malédictions des Enfers… l'attrait devait être considérable pour une ancienne Guérisseuse. Même Malka ne pouvait pas nier que l'idée était plaisante sur elle : si cette eau si puissante pouvait réparer ses nerfs et la débarrasser de ses picotements/engourdissements, par exemple, elle aussi aurait voulu la chercher.

 

"Il y a encore des habitants sur Avalon, vous pensez ? Des prêtres et des prêtresses ?"

Et juste comme ça, il ne s'agissait plus d'une chimère absurde, mais de quelque chose de réel. Avec un certain choc, elle venait de réaliser que quand Julianne disait "nous descendantes, sommes les prêtresses d'Avalon", elle, Malka, était incluse dans le propos. Elle ne connaissait certes rien à Avalon, rien aux rituels, aux langues, aux pratiques, aux croyances de ces prêtresses des temps anciens, mais elle leur était indubitablement liée, la leçon d'aujourd'hui venait de le consacrer. 


 

Si elle voulait venir ? Elle ? Elle fixa Julianne , la bouche légèrement entrouverte. C'était une idée vertigineuse, et en même temps, ça n'était pas si fou. Elle avait la "légitimité génétique", et elle n'était plus une enfant.  Et… sa sœur Aetha était impliquée dans cette histoire ? Oui, elle supposait qu'elle aurait pu s'en douter, Aetha étant élémentaliste et l'amie de Julianne. En revanche, c'était quasi certain que son père n'était pas au courant, un détail qui avait de l'importance quand on était mineure comme elle.  Elle n'était pas ce qu'on pourrait qualifier d'adolescente rebelle. Mais… l'envie de se prouver qu'elle était capable de faire quelque chose par elle-même était quand même forte. Elle ne pourrait pas toujours courir se réfugier à la maison comme elle l'avait fait après l'épisode des grincements de Poudlard. Elle avait appris à être indulgente envers elle-même et ses limites, la plupart du temps, parce qu'être trop dure envers elle-même n'aurait fait que lui compliquer la vie, mais parfois, elle s'en voulait quand même. C'était peut-être l'occasion… et cette histoire de fontaine magique, d'oracle et d'ancêtres… et si sa sœur aînée y était, si son père l'avait su, il ne se serait du coup pas inquiétée pour elle ?

"Si vous le vouliez bien, ça serait un honneur. Je pourrais faire des recherches dans la bibliothèque de Poudlard, si vous voulez.  Personne n'est au courant, n'est-ce pas ?"

Ca n'était pas parce qu'on était une adolescente sage que l'on ne savait pas garder de secret de ses parents ! Et… Julianne présentait presque ça comme une sortie pédagogique, non ?
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Julianne VanHolsen
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Jeu 24 Mar - 20:05
Quelque chose dans l'attitude de Malka avait attiré mon attention. Son reniflement simili amusé, le fait qu'elle se soit mouchée ... est-ce qu'elle pleurait ? Si oui, pour quelle raison ? Je tentais de trouver si j'avais dit quelque chose qui aurait put lui tirer un mauvais souvenir, mais je ne voyais vraiment pas. Était-ce l'émotion d'avoir réussit ? Je détestais être aveugle ainsi et ne pouvoir voir et percevoir le non verbal d'autrui, qui aidait énormément dans toutes relations sociales ! J'attendis les pas de l'adolescente revenir dans ma direction, la chaise se tirer. La jeune fille venait de se rasseoir et me demandais si Avalon existait encore, elle disparue depuis si longtemps dans une dimension autre. Je fit un sourire mi-amusé mi-griffondesque, le genre de sourire que les rouges et ors affichaient souvent lorsqu'ils avaient une idée quelque peu écervelée, comme disait mon père. On ne retirait jamais le Griffondor dans un individu. Jamais.

" Exactement. Si l'endroit est situé ailleurs, dans une dimension sur laquelle seuls les éléments ont un pouvoir sur les choses, est-ce que l'on partira vraiment ? "

Hum ? Le ministère ne pouvait avoir de prise dans une autre dimension et, en principe, je ne quitterais même pas Westmacott ! Enfin oui, mais ce n'était pas d'un départ totalement physique. Bref, j'allais miser sur une faille dans le système juridique pour réduire les effets de la malédiction à néant. Pour toujours. Le reste de "mon exil" n'en serait que plus facile ensuite. Je n'aurai plus cette fugace impression de défaite. Je l'entendis soupirer, ce qui raviva mon impression qu'elle avait pleuré ... hum ...

" Je crois, qu'effectivement, il y a encore des Prêtres et des Prêtresses sur Avalon. Il n'y a aucune raison, à mon avis, que ce soit le contraire. Ils se sont simplement coupés du monde, mais oui, il y a de fortes chances qu'il y ai des gens sur l'ile. "

À bien y penser, c'était même une évidence. Et comme nous serions capables de s'y rendre, nous serions acceuillies en égales. Pas de doutes dans mon esprit. Peut-être seront-ils prudents au début mais ce sera une expérience très enrichissante à plusieurs niveaux. Nous allions bénéficier d'enseignements ancestraux. J'avais d'autant plus hâte de partir ! Lorsque Malka me dit que, si je le voulais, ce serait un honneur pour elle de nous accompagner, j'eu à nouveau un sourire fier. J'étais fière de mon élève, de son audace !

" Bien entendu que je veux que tu viennes. Et oui, des recherches à Poudlard seraient fort utiles. Il y a pleins de livre sur le sujet dans la section sud, celle qui se trouve près de la statue de Gustave le Ténébreux. Ils sont tout en haut "

J'en avais parcouru quelques-uns quand j'avais découvert être la descendante d'Edward Prince, Prêtre d'Avalon et de Gabrielle Serdaigle, fille de Rowena. J'en avait été choquée, d'ailleurs ! Rowena Serdaigle aurait put être ma jumelle identique. Se voir dans un livre ancien de magie était ... hallucinant. Est-ce que quelqu'un était au courrant ?

" Les seules personnes qui sont au courrant sont mes soeurs Abigail, Eavan et Jana ainsi que ma cousine Aetha. Plus toi et moi. Nous ferons toutes le voyage. Je n'en ai parlé à personne d'autre, ni à mes parents ni à Ludwig ni à ma meilleure amie. J'aimerais garder ça entre nous, question qu'on ne tente pas de m'empêcher de partir. Tu vois, les enfers nous ont prit notre vue, ils avaient donné un don de voyance et, en étant défaits, ils ont repris la vue même. Ils ont gagnés une partie de la bataille et ça, je ne puis le permettre. Ils ont fait trop de mal et je refuse qu'ils aient gagnés quoique ce soit "

Relents de celle que je fut jadis, avant ma possession. Celle qui refusait de se laisser abattre, vaincre, celle qui se tenais debout devant le danger de la malédiction. Non, ils n'allaient pas gagner ! La différence était que je n'allais pas agir seule maintenant. Plus jamais. Voyez, j'avais quand même appris une leçon ! Mon père serait si fier de moi, non ? Haha !

" Tu peux en parler à ton père, si tu veux ... je ne veux pas te demander de garder le secret face à lui "

Je faisais confiance à Sirius, au fond. Il n'allait pas m'empêcher de partir. Il allait comprendre ce besoin de ne pas laisser gagner le mal, même un peu. Nommer Sirius me fit penser à Nazélie ... ho ! C'était pour ça que ...

" Nazélie te manques, n'est-ce pas ? À moi aussi ... "

Je fit un sourire compatissant à Malka, un peu comme une mère le ferait pour consoler son enfant qui venait de vivre sa première peine d'amour, un sourire qui disait "je comprends". Malka avait perdue sa famille de manière horrible puis Nazélie s'en allait. La pauvre devait cruellement manquer de chaleur maternelle, de conseils féminins ... et elle devait peut-être se sentir coupable. Comme si les mamans de sa vie l'abandonnaient coup sur coup ... Je n'avais pas jugé mon amie quand elle m'avait dit qu'elle se séparait de Sirius. Je n'étais ni dans leur couple, ni dans leur coeur. Cependant, je trouvais ça triste pour Sirius qui avait eu tellement de mal avec les femmes de sa vie : Eve, décédée. Sealya, décédée. Nazélie, rupture. Il était temps qu'il trouve chaussure à son pied. Et comme je n'étais pas Ludwig, je ne pensai aucunement de le "caser" avec Jenni MOUA (lol). Non. Par contre ... ma demie-soeur Abi. Hum ... quoi ? Je voulais sa mort ?  Bha non, bha non.  Twisted Evil Evil or Very Mad

" Je suis là si tu as besoin de parler ou de conseils ... je sais qu'un père, souvent ce n'est pas vraiment ouverts aux discussions de filles "

Genre, les règles et les garçons ! Ayant vu Sirius agir avec Aetha lors de ses fréquentations avec Augustus, iiiisssccchhhh ! Il avait même menacé de l'enfermer dans un couvent ! Pffff !


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Ven 25 Mar - 14:23
Malka eu un sourire. Elles étaient sur la même longueur d'onde de ce côté-là. L'idée que le Ministère de la Magie puisse retenir Julianne VanHolsen n'en avait pas envie semblait presque ridicule. C'était amusant de la voir aussi tête brûlée, et aussi un peu inquiétant, il fallait bien l'avouer. Ne pas avoir de limites à ses pouvoirs avait mal tourné quand les Deux Grands en avaient profité.

"Ca serait… comme tomber dans la faille temporelle, vous croyez ? Vous pensez que ces Prêtres et Prêtresses ne seraient pas troublés qu'on leur rende visite ? Ils se sont isolés volontairement après tout, non ?"

Ils avaient choisi de rejoindre le monde des légendes, et il y avait sans doute une bonne raison à ça… mais ça ne semblait pas préoccuper Madame VanHolsen outre mesure pour l'instant. Malka rougit à nouveau quand cette dernière lui ré-affirma qu'elle voulait qu'elle vienne. L'invitation était réelle, même si la destination ne l'était pas encore. C'était très flatteur de penser que non seulement on voulait bien d'elle, mais qu'en plus elle allait pouvoir aider un peu !

"Merci ! J'irais regarder ça dès mon retour."

Ni son mari, ni leurs parents n'étaient au courant, alors que Jana aussi était mineure, plus jeune qu'elle-même ? Dans de telles conditions, elle ne voyait pas pourquoi elle aurait averti son père tout de suite. Et s'il lui interdisait d'y aller, s'il reportait les projets de Julianne au Ministère ? Pour une fois, elle avait le sentiment qu'il s'agissait de sa décision à prendre. Elle n'avait eu de gros secret pour Sirius. Il y avait bien sûr des choses qu'elle gardait pour elle, mais rien d'aussi important, de manière volontaire. Elle était presque certaine de finir par lui en parler, parce qu'au final, elle lui faisait profondément confiance, mais pas tout de suite. Elle était curieuse de voir ce que ça ferait, d'avoir un secret de ce genre. Avec sa sœur Aetha en plus ! Ca allait sans doute les rapprocher.

"Et bien… pour l'instant il n'y a encore nul part où partir, alors ça peut attendre un petit peu. C'est fini maintenant, les enfers sont retournés d'où ils viennent. Ils ne pourraient pas se venger à nouveau, si vous défaisiez leur cécité, n'est-ce pas ?"

Elle ne pouvait qu'être d'accord, les Enfers avaient fait assez de mal comme ça. Malka se redressa vivement sur sa chaise. Ce changement de sujet aussi brusque que pertinent, elle ne l'avait pas vu venir. Est-ce que Nazélie lui manquait ? A ce niveau là, ça n'était plus de l'intuition, c'était de la légilimencie.  Encore une fois, Julianne avait une expression si familière et lointaine à la fois, que Malka sentit un nouveau flot de larmes lui monter aux yeux. Elle qui pleurait si rarement même dans des situations qui l'auraient mérité, aujourd'hui, elle ne contrôlait rien du tout. Toute l'eau qu'elle avait réussit à absorber un peu plus tôt était en train de ressortir sans qu'elle puisse l'arrêter, et elle n'était même pas sûre du pourquoi.


 

Les picotements dans ses jambes, les larmes qu'elle sentait glisser une par une sur ses joues, toutes fraîches avec le courant d'air venant de la fenêtre… Elle  ferma les yeux histoire de limiter les sensations qui la tiraillaient de partout et reprendre un peu contrôle d'elle-même. S'efforçant d'ignorer les sanglots silencieux qui la secouaient, elle s'efforça de respirer le plus calmement possible. Pourquoi est-ce qu'elle réagissait comme ça aujourd'hui ? Elle n'arrivait plus à s'arrêter, et même lorsqu'elle  pleurait d'habitude, ça n'était pas aussi… intense. Pleurer n'était simplement pas dans ses habitudes, pas la manière dont elle gérait habituellement ses émotions, alors pourquoi aujourd'hui, et en public, en plus ? Si elle avait dû pleurer chaque fois qu'elle avait mal, qu'elle était triste, ou même en colère ou très heureuse, elle serait littéralement morte de déshydration pendant sa captivité. Elle n'avait pas souvenir d'avoir versé une seule larme pendant 8 mois. Des yeux humides parfois, mais elle était trop occupée à intérioriser et survivre pour se répandre en pleurs. D'habitude, quand quelque chose n'allait pas, elle se mordait la lèvre et se taisait. Ca c'était des réactions normales pour elle. Et d'ailleurs, qu'est-ce qui n'allait pas aujourd'hui ? Elle rouvrit les yeux.

Julianne avait toujours cet air gentil, patient et concerné, ce qui ne fit rien pour arrêter ses pleurs. Est-ce qu'elle pleurait vraiment à cause de Nazélie ? Mais pourquoi maintenant ? Avec embarras, elle s'aperçu qu'elle n'avait toujours pas répondu à la question initiale. Bon, elle supposait que pour la discrétion, c'était raté.


"Beaucoup. En ce moment, ma mère biologique, aussi."

Julianne se proposait pour l'écouter ? C'était… et bien, c'était un peu bizarre comme idée pour l'instant. Le mois précédent, elle avait encore peur de la regarder, d'accord ? On n'apprivoisait pas quelqu'un aussi vite que ça, même si Malka avait clairement parcouru du chemin. C'était vrai qu'il y avait des trucs qui les auraient embarrassés tous les deux, si elle en avait parlé à Sirius. Mais ils s'en sortaient pas mal, pour l'instant. Elle n'avait encore jamais eu d'histoire de cœur, et leur implication éventuelle ne lui était venu à l'esprit.

"Je ne sais même pas si ça me vient d'elle, ce don d'élémentaliste, ou si ça me vient de mon père, ou si eux étaient au courant.  S'ils me voyaient maintenant, je ne suis même pas sûre qu'ils me reconnaitraient."

Elle était plus calme à présent, même si les larmes bizarres continuaient à rouler sur ses joues. Peut-être que ça n'était qu'une réaction à ses pouvoirs nouvellement découverts, ou peut-être qu'elle avait des pleurs à rattraper. Ses parents l'avaient connue petite fille, et aujourd'hui, elle avait tellement grandi sans eux, que s'ils s'étaient soudain retrouvés, ils auraient été des étrangers l'uns envers l'autres. Jamais elle ne pourrait discuter avec les Covey comme une adulte, apprendre à les connaître comme de vraies personnes et non pas juste comme les adultes aimants et rassurants qui définissaient tout son univers d'enfant. Elle n'avait pas envie que la même chose arrive avec Nazélie.Avec un petit soupir, elle recula légèrement sa chaise pour pouvoir se pencher en avant et masser ses jambes, histoire de faire passer les picotements plus vite.
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Julianne VanHolsen
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Dim 27 Mar - 20:32
Est-ce que ce serait comme tomber dans la faille temporelle ? Excellente question ! Je me souvenais trop bien de l'effet que cela faisait, pour avoir voyagé deux fois dans le temps. La première à l'époque de mes parents, alors que j'avais quinze ans. Impulsive et venant tout juste de découvrir la malédiction qui pesait sur moi, je m'étais dit que si j'avisais mes parents de l'hémorragie utérine mortelle dont allait souffrir ma mère lors de son accouchement, j'allais éviter sa mort. Et, de ce fait, la malédiction serait brisée pas sa survie et celle de mon frère. Il ne pouvait qu'il y en avoir qu'une, que les écrits disaient, non ? Alors, en compagnie de Harry, Hermione et Ron, nous avions fait le saut lors du bal de Halloween, soir où le voile entre le monde des morts et des vivants étaient le plus mince. Une logique assez évidente quand nous allions sauver des gens de la mort. Ce que cela faisait comme effet ? Un peu comme tomber dans un précipice et de sentir son corps se retourner comme un gant en même temps. J'avais lu que c'était à cause d'une réaction physiologique, nos gênes réagissant au saut dans le temps. Disons que cela ne faisait pas trop de bien. Peu habitué, nous avions atterri directement dans le Lac Noir, chutant directement des cieux. Par chance, personne ne nous avait vu. 

Mon deuxième voyage dans le temps avait été à l'époque des fondateurs, afin d'aller demander l'aide de ceux-ci pour localiser les steles de Merlin, qui avaient été enterrées sur le terrain de Poudlard. L'effet désagréable et douloureux avait été encore plus difficile à vivre. Peut-être parce que le saut avait été plus lointain ... peut-être parce qu'il s'agissait de mon deuxième voyage. Tous les experts le disaient : voyager dans le temps était dangereux. On ne devait pas jouer avec ça. Il y avait des effets tant sur l'avenir, sur les événements comme sur notre corps. Alors, est-ce que cela serait comme passer dans une faille temporelle ?

" Je ne l'espère pas "

Honnêtement, je ne tenais pas à revivre cette expérience, aussi Griffondesque que je pouvais être. Je réfléchie un peu avant d'ajouter :

" Je crois que ce sera plutôt comme passer à travers un voile. À mon avis, leur isolement est plus l'effet d'un mur ensorcellé, une sorte de cape d'invisibilité sur une grande échelle qu'une mise en place temporelle. Je peut me tromper, nos recherches nous le diront "

Il y avait tant à faire et, effectivement, nous n'étions pas prête à partir. Je voulais, cette fois, que tout soit prêt, que les éventualités soient étudiées et qu'un plan soit bien établi avant de partir. Je ne ferais plus l'erreur de me lancer dans quelque chose sans en évaluer les conséquences. Cela m'avait attiré trop d'ennuis et eut des effets négatifs sur trop de personnes. Est-ce que les habitants d'Avalon allaient être dérangés de notre présence ? Probablement !

" J'imagines qu'ils seront certainement surpris et que, peut-être, nous devrons être interrogées. Cependant, comme nous sommes des leurs, je ne crois pas que nous aurons des ennuis trop graves "

Avalon était une terre magique dont nous avions droit de frôler le sol. Certes, les habitants allaient vérifier notre identité, mais s'ils étaient toujours présents j'était certaine que nous serions bien accueillis. La question suivante me fit signe que non. J'avais eu un doute moi aussi, mais j'avais demandé à Nazalie et son père de me confirmer que tout était bien terminé. Ils m'avaient dit tout deux que nous ne courrions plus aucun risque.

" Les enfers n'ont plus de prise sur notre monde. Toutefois, pour ne pas prendre de chance, je ne vais pas me guérir "

Je fit un petit sourire presque résigné. Il ne devait qu'il y en avoir qu'une. J'étais celle qui aurait dut "n'être qu'une", alors je serais la seule à porter la punition qui se devait d'être portée. Mes soeurs, ma fille et mes nièces n'avaient pas à être affligées. Elles n'avaient rien à voir avec les décisions que j'avais prise, hormis d'être en vie à cause d'elles. C'était bien suffisant. Elles verraient. Moi pas. Tel était l'ordre des choses. 

Le silence se refit ensuite dans la pièce, un silence qui ne fut entrecoupé que par les sanglots de l'adolescente. Cette fois, plus aucun doute : elle pleurait. J'aurais voulu la réconforter, poser une main sur la sienne ... mais je ne le pouvais pas. Je ne put donc que demeurer silencieuse et la regarder d'un air tendre, empathique et compatissant. Je comprenais à quel point cela était difficile pour elle. Elle avait perdu sa mère d'une façon atroce, ensuite elle avait ouvert son coeur à Nazélie qui avait décidé de quitter. Je comprenais sa décision, mais cela ne m'empêchait pas de comprendre que pour une enfant qui avait vécu des atrocités, c'était une période difficile. Je me contentai, impuissante à rediriger la douce brise en direction de Malka afin de l'aider à s'appaiser. Je lui fit un sourire doux et lui dit d'un ton rassurant et maternel :

" Une mère reconnaitrais son enfant partout, parmi un millier de personne. Je suis certaine que tes parents sauraient que c'est toi et qu'ils sont très fiers de toi d'où ils sont "

Comment ne pas l'être ? J'ajoutai :

" Quand j'étais petite, j'imaginais que ma mère se trouvais sur un nuage et qu'elle me regardais. Je levais les yeux et je fixais le nuage qui se trouvais au dessus de ma tête. Je pensais très très fort à ma mère et, quand le nuage bougeait, j'imaginais que c'était une sorte de code qu'elle m'envoyais. C'était un petit jeu de gamine qui m'aidait à penser que j'avais encore une mère moi aussi. Que je n'étais pas différente des autres petites filles de mon quartier "

J'eu un sourire un peu amusé. J'en avais fait arracher à mon père à l'époque ! Bien, je lui causait encore des ennuis, mais bon ...

" Un jour, j'ai voulu organiser une rencontre amoureuse entre mon père et la troisième voisine, Madame Little. J'ai fait une potion en cachette pour que mon père soit plus irrésistible .... mais j'avais huit ans, donc ... ma potion n'a fait que lui rendre les cheveux bleus et lui faire pousser des dents de lapin. Je voulais juste avoir une Maman en vrai, qui ne partirais plus ... comme les autres petites filles "

Hum. L'idée de mon voyage dans le temps n'en avait été que plus attirant. Je laissai passer un peu de temps, question que Malka se remette un peu de ses émotions. Puis, je dit :

" Puis, il y a eu le voyage dans le temps pour éviter la mort de ma mère. Parce qu'en plus de tenter de briser la malédiction, j'ai fait le voyage beaucoup plus pour qu'elle soit toujours en vie. Pour avoir une mère. Comme les autres. Maintenant, est-ce que regrette d'avoir fait ce voyage ? Parfois oui. Parce, qu'au fond, ma mère était toujours présente en moi même si je ne la voyais plus. Elle était juste là " dit-je en posant une main sur mon coeur
" Ta mère est dans le tien. Nazélie aussi. Même si elles sont loin, innaccessibles, elles y sont et pour toujours. Je suis certaine que, si tu fermes les yeux, ta mère te fera sentir sa présence. Pour savoir si ton don te vient d'elle ou de ton père, il n'y a qu'un moyen de le savoir : ouvres ton coeur et demande lui. "

J'avais eu une relation amoureuse avec un nécromancien, hein ! Ça paraissait ? Il m'avait appris quelques trucs avant que mon père lui "saute dessus" et le fasse fuir à coups de menaces acérées. Aerandir qu'il se nommait. Un gentil garçon qui avait croisé la route de "Papa-vampire-aux-dents-acérées-surprotecteur-de-fiffille".

" J'ai quelques notions pour aider ... un de mes ex copains à eu le temps de me faire un ou deux cours avant que mon père lui botte le derrière. Les pères sont charmants, parfois "

Surtout avec des cheveux bleus !


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Lun 28 Mar - 17:48
"Tant mieux."

Malka non plus ne gardait pas un souvenir très agréable de la fois où à huit ans, elle était tombée dans la faille temporelle. Certes, ça aurait pu être pire, mais… disons que ça avait été  déstabilisant. Elle s'était retrouvée nez à nez avec Mrs Black, la mère de Sirius… qui était décédée dans le présent. Déjà que Mrs Black était une mégère en temps normal, alors si en plus vous la preniez pour une morte-vivante… Mais elle était vite tombée sur les Maraudeurs, qui malgré leur adolescence, avaient su bien se débrouiller avec elle, puis sur Tante Amélia, qui était tombée à la même époque. C'était une période bizarre de sa vie, mais à part le début très surprenant, elle n'en gardait pas de mauvais souvenir.

L'idée qu'Avalon soit "cachée" était intéressante. En tout cas, dit comme ça, il semblait plus faisable de la trouver. Mais dans ce cas, est-ce qu'y aller serait voyager pour Julianne ? Les brumes magiques entourant l'île faisaient peut-être office de barrière et de frontière entre deux… deux quoi, exactement ? Tout ça devenait compliqué, et elle avait hâte de pouvoir se plonger dans les ouvrages de la bibliothèque histoire d'y voir un peu plus clair, car pour cacher une île, ça n'étaient pas les possibilités qui manquaient. Malka aimait bien suivre les règles, avoir une idée claire de ce qui l'attendait. Dans un monde plein de magie, ça ne marchait jamais vraiment, mais au moins, si elle en apprenait le plus possible, elle pourrait se construire des repères. Gageons que Tante Amélia avait un peu déteint sur elle à ce niveau là ! 

"J'espère. Je n'aurais jamais pensé que des ancêtres aussi lointains puissent avoir autant d'influence sur nos vies à nous."

Elle s'était légèrement raidie à l'idée d'être "interrogée". Mais, si elle savait que les pratiques anciennes n'étaient pas que bonté pure et que la nature pouvait être cruelle, elle ne pouvait pas non plus s'imaginer des prêtres et des prêtresses être inutilement méchants. Pour le peu qu'elle en savait, il lui semblait que se dévouer entièrement au culte impliquait des sacrifices personnels (comment aurait-il pu en être autrement ?) mais ces gens n'étaient pas des monstres. Comme venait de le dire Julianne, les enfers n'avaient plus de prise sur leur monde, et probablement pas non plus sur Avalon. Se faire interroger n'impliquait pas automatiquement se faire torturer. Hum. Elle aussi aurait voulu poser des questions à des intruses débarquant sur une île cachée depuis des siècles. Elle espérait sincèrement que si leur entreprise réussissait, leur visite ne serait pas mal interprétée. Il lui semblait que pour être "des leurs", ce qu'elles étaient compterait plus que qui avait été leurs ancêtres, mais Julianne avait une longueur d'avance sur elle niveau recherches. Elle ne les aurait pas emmenées vers un piège, aveuglée (ahah) par la perspective de rendre la vue à ses sœurs, nièces et fille, n'est-ce pas ?

Apparemment non, vu sa réponse suivante. Julianne disait ne pas vouloir se guérir elle-même. C'était… rassurant, d'une certaine manière. La Princesse VanHolsen avait un tel potentiel, démontré tellement de savoir-faire… sans frein, qui savait dans quel pétrin elle serait allée se fourrer ensuite ? Bon, d'accord. Ca n'était pas une pensée très charitable, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de la sentir flotter légèrement. Julianne avait été victime d'une malédiction, et ce côté aventureux lui avait au moins permis de la briser une bonne fois pour toute. Le prix avait été terrible, elle était bien placée pour le savoir, mais… Mais au moins quelque chose avait été fait, et le cercle vicieux était brisé. Si un jour, une fois adulte, elle avait des enfants, elle n'aurait jamais à se soucier qu'il leur arrive ce qu'il lui était arrivé à elle. Oui, on pouvait aussi considérer le geste de Julianne comme admirable d'abnégation. Malka garda donc le silence : ça n'était pas à elle de juger.


"Vous pensez, que peut-être, si on trouve cette fontaine magique, je pourrais en boire un tout petit peu ? Pour réparer l'effet des Doloris sur mes nerfs ?"

Elle ne savait pas trop ce qui lui avait pris de dire tout ça à Madame VanHolsen. Certes, ça n'était pas non plus de grandes confidences, mais pour elle, la taiseuse, c'était déjà beaucoup. Est-ce que ses parents la reconnaitraient ? Mmmhmmm. Mais Erin ? C'était étrange, sept ans plus tard, alors qu'elle-même avait tant changé, de n'être capable de penser à Erin que comme un bébé. Un bébé qui ne grandirait jamais. Au fond, tout ce qu'était en train de lui dire Julianne sonnait vrai, et bien que ses lames continuent à déferler, elle se sentit peu à peu se calmer. Au fond, elle l'avait toujours su, que ses parents étaient là. Il n'y avait même pas besoin de nuage. Il n'y avait pas de ciel, pendant sa captivité, et pourtant, c'était là que les Covey avaient été le plus présent pour elle, quand elle en avait le plus besoin. Il n'y avait pas besoin d'avoir peur de la mort, quand une famille aimante vous attendait de chaque côté, et la solitude ne rendait pas si fou, quand on savait que l'on était pas vraiment seule. Mais celle qui l'avait le plus aidée à tenir, à ne pas se laisser simplement mourir, étrangement,  avait été Erin. Elle savait trop ce que cela faisait de perdre une sœur, pour infliger la même chose à Laila et Procyon. Et puis, sa mère et Erin s'étaient sacrifiées pour qu'elle puisse vivre. Aujourd'hui, c'était elle, Malka, qui avait la responsabilité de grandir et de vivre pour sa sœur autant que pour elle-même.


Ecouter Julianne en se massant les jambes, et donc en évitant de voir son expression maternelle qui la déstabilisait tant, l'aida à se concentrer sur autre chose et à reprendre peu à peu contrôle d'elle-même, y compris sur ces stupides larmes.  Elle n'avait pas réalisé qu'avant, la mère de Julianne était morte. C'était soudain beaucoup plus facile de comprendre pourquoi elle avait agi comme une tête brûlée !  Est-ce qu'elle-même aurait fait la même chose, si elle avait pu empêcher sa famille de se faire massacrés par des moitié-morts ? Avec tout ce qu'elle savait maintenant, elle n'en était pas si sûre. Elle aimait Sirius aussi, et tout ce qu'elle avait travaillé dur à reconstruire. D'un autre côté, grandir avec Erin, ne plus avoir peur de tout, voir la tête de sa mère en apprenant qu'elle était à Griffondor… Dans tous les cas, la question ne se posait pas, et c'était sans doute une excellente chose.


Elle eut malgré elle un nouveau reniflement amusé : le Directeur Rogue, avec des dents de lapin et des cheveux bleus ? Elle allait devoir raconter à son père, peut-être. Ou peut-être pas. Ce qui se disait là ne regardait personne d'autre qu'elles deux, au fond. Dans tous les cas, la notion était amusante, et elle constata avec soulagement que ses larmes commençaient à ralentir.

Oui, sa mère, ses mères, seraient toujours dans son cœur. Mais, ça ne remplaçait pas de les avoir en présence pour de vrai ! Elle avait du mal à saisir comment, même en "ouvrant son cœur", Evangeline Covey pourrait lui donner des conseils le jour où… qu'est-ce qu'elle en savait, le jour où elle ne saurait pas quelle robe choisir pour impressionner un garçon, tient !  Et pour toutes ses autres questions existentielles, les petites, les grandes. Sentir une présence rassurante et avoir une véritable conversation étaient deux choses bien différentes, et elle aurait voulu plus. C'était frustrant, voilà.  Elle allait tester cette histoire de "demander" à ses parents, quand elle serait tranquille, mais elle aurait parié qu'il y avait des limites à ce que le spiritisme pouvait faire.


"Aider… des cours de quoi ?"

Elle inspira profondément et se redressa. Julianne l'avait perdue, là. Elles semblaient définitivement entrées sur le terrain des trucs de filles, mais Malka avait loupé comment.  En tout cas, elle était contente d'avoir encore du temps avant d'avoir à aborder un sujet de ce genre avec Sirius. Sa vie était déjà assez compliquée comme ça ! Rien que d'y penser, elle se sentit rougir.
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Julianne VanHolsen
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Lun 4 Avr - 21:54
Alors que le silence continuait d'envahir la pièce - dut au fait que Malka réfléchissait à ce que je venais de lui dire - je cherchai de la main le reste de mes ingrédients, que je trouvai sans trop de mal. J'avais, effectivement, demandé à ma femme de chambre de les installer de manière précise. Pour le moment, la trandescantia ne serait plus nécessaire. L'odeur qu'elle avait dégagée, bien qu'elle soit moins présente en ce moment était toujours légèrement perceptible. Suffisamment pour qu'elle ait encore un effet relaxant et salvateur. Ma main droit prit possession d'un champignon Collybies, que je coupai sommairement en deux avant de déposer les morceaux dans un bécher. Je fit un sourire en entendant le commentaire de Malka. Oui, l'idée que même lointains, nos ancêtres pouvaient influer nos vies était une idée intéressante comme bouleversante.

" C'est la véritable immortalité. Nous ne mourrons jamais tant que nous avons des descendants pour faire vivre nos particularités "

Oui, nous vivions toujours au travers ceux qui nous suivaient. Dès que nos gènes étaient transmis, cela nous garantissait une "immortalité par procuration" si on veux. Quand on vivait dans le souvenir et le coeur de quelqu'un, la mort n'avait aucune prise sur nous. Mêmes nos gènes physiques pouvaient se ré-créer, revivrent ... ma ressemblance avec Rowena Serdaigle en était la preuve. Non, la mort n'était qu'un leurre. J'écrasai les morceaux de champignons avec un pilon, touchant légèrement aux bouts ponçeux du bout des doigts afin de m'assurer de la texture. Lorsque j'obtins la consistance désirée, je posai le pilon sur la table avant de dire :

" Bien sûr ... la fontaine te sera accessible et si tu souhaites y boire, tu seras libre de le faire"

Les eaux de la fontaine étaient salvatrices pour quiconque voulait en boire et j'étais certaine que l'adolescente pourrait s'y abreuver. Je n'avais aucun doute de l'existence de cette fontaine et du fait que nous pourrions y accéder. Je ne voyais pas pourquoi les habitants d'Avalon -- s'ils étaient encore présents -- nous empêcheraient d'en prendre ! De toute manière, j'allais en prendre que ces gens le veuillent ou non. Ho, j'allais les convaincre, je n'allais rien voler ... mais j'allais les convaincre. Leur expliquer les effets de la malédiction, demander leur aide et leur clémence. Non, il serait possible de boire l'eau de la fontaine de guérison. Des cours de quoi ? 

Hum. J'ajoutai deux gouttes de jus de citrouille aux champignons ainsi que six gouttes de bave de centaure. Tout en tournant délicatement la mixture, je dit d'un ton pensif :

" Aerandir avait des notions de nécromancie, mais il n'était pas du tout comme l'ancêtre de Dumbledore. Aerandir était ... gentil et prévenant. Il utilisait sa science pour aider ceux qui désiraient avoir un contact avec leurs défunts et jamais il ne les auraient tirés de leur sommeil éternel. Il y a de bons comme de mauvais sorciers ... comme de bons et de mauvais Moldus ... le bon et le mauvais est en toute chose "

J'eu un petit sourire, légèrement attristé. Être une adolescente et avoir pour père Severus Rogue, qui refusait de voir ses filles grandir et envoyait valser les prétendants comme des pestiférés était un souvenir assez rude !

" Il est parti je ne sais pas où après que mon père l'ai menacé de lui faire avaler sa baguette"

J'haussai les épaules. Tant pis pour Aerandir. Mon sourire se fit un peu plus joyeux et j'ajoutai :

" Tu est prête pour une autre expérience ? "


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Malka Covey Black
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Mar 5 Avr - 11:15
Est-ce que ses parents vivaient aussi à travers elle ? D'une seule phrase, Julianne venait de lier les deux aspects de la conversation, entre Avalon et les Covey. Malka n'avait jamais trop pensé à l'aspect  héritage génétique. Enfin, oui, elle se demandait si elle ressemblait à ses parents… Mais quant à se considérer comme héritière privilégiée, pas particulièrement. Ca n'était pas comme si elle était la dernière avec du sang Covey dans les veines, d'ailleurs. Elle avait toujours une tante et des cousins en Australie, même si elle ne les avait pas vus depuis des années et qu'une carte de vœux par an ne constituait pas le lien familial le plus solide. Et Erin ? Elle n'aurait jamais de descendants. En tant que sœurs, elles devaient quand même avoir pas mal de gènes en commun, non ?

Julianne avait l'air de croire dur comme fer à l'existence et l'accessibilité de cette fontaine, et c'était vrai que c'était une idée terriblement tentante. La jeune fille frictionna ses cuisses avec un peu plus de vigueur. Voilà une sensation qui ne lui manquerait pas. Elle allait essayer de ne pas trop s'enthousiasmer, parce qu'elle n'avait pas envie d'être déçue, mais ça allait être difficile. C'étaitça, la meilleure raison de se rendre à Avalon ! Est-ce que ça pourrait éventuellement avoir d'autres conséquences, que de boire à cette fontaine ? Elle avait tout le temps d'y réfléchir, ça l'empêcherait de perdre son calme sur le sujet.

Redressant la tête, Malka rapprocha sa chaise dans un léger raclement, et essuya ses dernières larmes d'un revers de poignet. La sensation que ses jambes servaient de coussins à aiguilles allait passer toute seule, et cela ne servait à rien de s'obstiner d'essayer de le faire passer plus vite. Elle se remit donc le dos droit et étendit légèrement les jambes sous la table, essayant d'ignorer les picotements. Julianne était en train de tripatouiller quelque chose, et ça n'avait pas l'air très ragoûtant. Elle la regarda ajouter des gouttes de jus de citrouille et d'une autre substance qu'elle ne reconnu pas à sa bouillie en fronçant le nez. Beurk. Les potions étaient de toute manière l'une des matières que Malka aimait le moins à Poudlard. Elle avait pris du retard à cause de sa stupide phobie des cachots en première année et du coup, elle se sentait toujours un peu idiote face à un chaudron.

"Est-ce qu'on pourrait ne pas parler de nécromancie, s'il vous plait ? Je ne suis pas si sûre qu'il y ait du bon dans le fait de vouloir faire des trucs pas naturels avec les morts."

Elle avait parlé d'une voix un peu plus assurée que depuis le début de la leçon. Les morts étaient morts étaient morts. Peut-être bien que cet Aerandir était gentil, et certainement, sinon, elle doutait que la Julianne pré-malédiction serait sortie avec lui. Mais elle n'avait vraiment pas envie d'évoquer la discipline préférée de Cidogan Dumbledore ici. Oh, elle croyait en l'idée que l'essence de ceux que nous aimions ne disparaissait pas complètement après la mort. Qu'ils pouvaient vraiment, de manière exceptionnelle, nous faire un signe avec un rayon de soleil ou une odeur surgissant brusquement, par exemple. Parfois, elle sentait la présence de ses parents. Quand elle n'était pas si loin de la mort elle-même, pendant sa captivité, ils lui avaient parfois parus plus réels et présents que sa cellule, comme si le voile entre eux était prêt à se déchirer.  Mais aller chercher au-delà de ces phénomènes naturels n'était pas sain et ne pouvait mener qu'à la catastrophe, que l'on ait des bonnes intentions ou pas. Il lui avait fallu longtemps pour pouvoir se souvenir autrement de sa mère que comme le cadavre sanglant qui s'était relevé pour mieux assassiner sa petite sœur. C'était ça, la nécromancie dans ses formes les plus extrêmes, et elle n'avait pas envie de s'attarder dessus maintenant. Vouloir manipuler la mort, c'était un tabou, même pour les sorciers, et ça n'était pas elle qui irait le lever.

"Je crois, oui. Qu'est-ce que vous préparez ?"


Elle inspira un grand coup, ravie de la diversion. Elle ne pleurait plus, elle avait repris la maîtrise d'elle-même, et oui, elle voulait apprendre. Elle était venue pour ça, non ? Se re-concentrer après toutes ces révélations n'allait pas être des plus faciles, mais elle allait essayer. Elle reporta donc son attention sur ce que Julianne était en train de faire.  Sans chaudron, la mixture n'était peut-être pas exactement une potion ? Mais quoi, alors ?
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Julianne VanHolsen
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Lun 23 Mai - 8:48
Tout en déposant mon oeuvre au centre de la table, je fit un léger sourire à l'intention de Malka. Ne plus parler de nécromancie était une bonne idée. Surtout avec son historique. Et, je devais avouer que cette partie d'Aerandir m'avait quelque peu brusquée à l'époque. J'avais hésité à avoir une relation avec lui, mais il avait sut me démontrer qu'il était un être bon et que la nécromancie; pour lui; n'était qu'une autre facette de la magie. Tabou et dangereuse, oui, mais on pouvait en faire de "bonnes" choses. Comme aider ceux qui en avaient besoin à faire leur deuil, par exemple. Ou aider les défunts à passer dans la lumière. Je me demandais encore parfois ce qui m'avait attiré en Aerandir : un élan de la Grande qui lorgnait sur ce fabuleux pouvoir ou l'idée diffuse de faire revenir ma mère d'entre les morts ? Mais, à l'époque, je ne savais pas encore ... pour la malédiction. Il valait donc mieux en rester là. Je fit un nouveau sourire, cette fois plus joyeux. Il fallait que je mette cette histoire d'amour derrière moi et que je me concentre sur le présent.

" C'est un mélange qui réveillera tes facultés un peu plus et qui nous permettra de gagner du temps dans ton apprentissage. Produire l'élément peut demander des années d'entrainement et je veux que tu puisses y accéder plus rapidement "

Il n'était pas question que cela demande deux ans à Malka pour faire sortir de l'eau de ses paumes. Si elle avait un gêne plus "récent", elle en aurait produit presque spontannément dans son enfance mais ce n'était pas le cas. Il fallait tricher un peu. Je poussai un peu le contenant en direction de la jeune fille avant d'ajouter :

" Manges, ce sont des champignons et du jus de citrouille. Tu sentiras une chaleur dans tes paumes. Lèves-les devant toi et concentres-toi ... imagine qu'un léger filet d'eau s'en écoule comme si tu ouvres un robinet très légèrement "

Là, il pourrait se produire trois choses : un dégat, un filet d'eau ou rien. Espérons que ce ne soit pas la première option ! 


Julianne F. VanHolsen
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