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Mes naufrages

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Mer 8 Fév - 17:16
Mes naufrages
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8 février 2007

Là, sur une des tablettes de la boutique, au milieu des peluches mignonnes et des bouquets de rose trônait une tête. Une tête qui détonait dangereusement avec l'ambiance joyeuse des lieux. Une tête que nous ne pouvions guère identifier. Femme ? Homme ? Enfant ? Nul ne pouvait le dire. Elle avait été placé ici sans que personne ne s'en rende compte, probablement durant la nuit lors des heures de fermetures. Une tête sanglante à la bouche monstrueusement ouverte. La chair du crâne était en lambeaux, les yeux avaient été arrachés et prenaient alégrement place sur la langue. Un petit encas pour la route ! Haha. Dans un des orifices oculaires se trouvait un parchemin. Roulé, il était parsemé de sang et de chair. Néanmoins, celui ou celle qui allait en parcourir les lignes pourraient aisément y lire :

" Que j'aime ceux des tombeaux,
comme ils sont propres et nets et luisants,
comme ils font bien ce qu'ils savent faire.

On a été humble jusqu'à l'orgueil de s'anéantir,
On a été chaste jusqu'à cesser de se sentir un homme,
On a été pitoyable jusqu'à s'ôter le pain de la bouche pour le jeter aux pourceaux,
On a été juste jusqu'à être loyal avec ses ennemis.
On a été un idiot sublime.

Claquez donc, fouet de ma vengeance,
pour que Dieu n'ait pas été le seul à se repentir de la naissance de l'homme."
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Jeu 9 Fév - 6:29
Elle y était presque. Papa allait la laisser retourner à Poudlard d’ici la fin de la semaine prochaine, elle en était presque certaine. Malka n’était vraiment pas contente d’avoir loupé la rentrée des vacances de Noël, et que son brillant insigne de préfète dorme sur sa table de nuit sans servir à rien. Marre de ne pas pouvoir se servir de sa baguette. Marre de voir des têtes d’elfes décorer le mur en face d’elle quand elle buvait son chocolat chaud le matin. Sérieusement. Marre. Elle avait été gentille, elle avait été chiante, elle avait été subtile, et moins subtile, et Sirius était resté campé sur ses positions. Mais il commençait à faiblir, elle le savait. Il avait beau ne pas laisser accéder à la Gazette du Sorcier (non mais franchement, comme si elle avait 3 ans !), elle savait à ses grimaces, et aux soirées où elle était obligée de coucher Procyon elle-même parce qu’il rentrait à pas d’heure, qu’il se passait des trucs moches. Elle ne savait pas exactement quoi, mais il se passait des trucs moches. Ce qui voulait dire que Poudlard n’était pas un endroit pire qu’un autre. Il fallait juste pousser Sirius au bon endroit et ça allait marcher.




Le bon endroit, c’était ici, à Sainte-Mangouste, et la bonne personne, c’était le médicomage Pétrov. Une figure d’autorité calme, rassurante, qui la connaissait bien, et qui avait été entièrement d’accord avec elle. Elle n’avait plus besoin d’un suivi régulier depuis quelques temps, elle allait bien maintenant, et la quasi-totalité de ses symptômes de stress post-traumatique avaient disparus. Elle était encore claustrophobe, mais était capable d’assister aux cours de potion par exemple. Aurait été capable, si on l’avait laissée y aller. Ses cauchemars étaient rares. Sa santé physique n’avait jamais été aussi éclatante que depuis mai dernier, et savoir qu’elle ne serait pas trahie à n’importe quel moment par son corps et ses crises de nerf avait considérablement amélioré sa confiance en soi, de même que la maîtrise grandissante de son don d’élémentaliste. Elle ne disait pas qu’elle n’avait pas été secouée par la « farce » de Larry Moss en septembre, ou la découverte du cadavre sculpté, mais au final, elle allait bien. Ce que le Médicomage Pétrov, après leur check-up semi-annuel, avait obligeamment écrit sur le rapport à destination de son père. En toutes lettres : « Retrouver une scolarité normale serait bénéfique à Malka et à son épanouissement. » Voilà.  Est-ce que ça, ça n’était pas une bonne stratégie ? Les ados avaient besoin d’une vie sociale (et elle ne parlait pas de sa cohabitation avec Kreattur !) pour être en bonne santé, et aussi de stimulation intellectuelle, et de couper le cordon avec leur parent, et de plein d’autres choses absolument scientifiques que seule l’école de sorcellerie allait lui apporter. Alors, est-ce que ça n’était pas une stratégie gagnante, ça ?




Avant de rentrer, elle avait décidé de s’accorder une petite pause au salon de thé. Elle n’était pas pressée, Sirius était a travail, et c’était toujours du temps de moins passé chez elle. Et puis, elle avait pris goût au thé de Sainte-Mangouste, bizarrement.  On aurait pu croire que la cafétéria d’un hôpital était un endroit triste, mais  celle-ci était décorée chaleureusement et Malka aimait au contraire à quel point elle débordait de vie. Observer les gens présents l’amusait toujours beaucoup. Elle prit donc un thé, un muffin au fromage et plateau en main, commença à chercher un endroit tranquille d’où elle aurait une bonne vision de la salle.



Et si au passage, elle regardait si elle trouvait un truc pour Procyon ? Faire des cadeaux à son frère de dix ans était de plus en plus délicat. Ca n’était plus un bébé, mais il avait encore des intérêts de petit garçon. Plateau en main, elle fit donc un léger détour vers les jouets pour voir ce qu’ils avaient. Il y avait rupture de stock sur les figurines animées la dernière fois qu’elle avait pensé à regarder Chemin de Traverse, mais peut-être qu’ici ils en auraient.

Ce fut comme ça qu’elle la vit, la tête ; Contrairement au cadavre de Poudlard il n’y avait eu aucune alarme olfactive.  Ca s’était juste présenté comme ça, elle était allée chercher du thé, dont les vapeurs parfumées lui chatouillaient encore les narines, et voilà. Il y avait une tête décapitée sur la tablette. Paralysée par l’horreur, Malka resta figée devant le spectacle macabre, cette fois-ci incapable de réagir. Face à l’image monstrueuse des orbites vides, des traits sanglants, des… yeux dans la bouche ?, elle n’avait simplement plus à former une pensée cohérente. Elle… Elle n’avait pas envisagé une seule seconde tomber là-dessus aujourd’hui et était prise complètement au dépourvu. D’habitude (oui, c’était une habitude) , l’horreur prévenait un minimum avant de frapper. Il y avait des cris, un attroupement, quelque chose. Pas juste… l’irruption silencieuse et tranquille du cauchemardesque dans son quotidien.


« Je veux retourner à Poudlard. » murmura-t-elle faiblement à personne en particulier.



Là-bas, il y avait suffisamment d’élèves et de professeurs pour qu’elle soit quasiment certaine de ne jamais tomber la première sur une saleté du genre. N’est-ce pas ? Et tant pis si c’était une pensée peu charitable. Son cerveau ne fonctionnait que partiellement, là. Elle s’aperçu qu’elle tremblait quand elle baissa les yeux pour trouver l’origine de l’étrange chaleur qui l’envahissait : sa tasse de thé s’était renversée et maculait le devant de son chemisier et le haut de son pantalon, tâche brunâtre, un peu brûlante. Hum. Au moins, elle était toujours vivante, contrairement à la tête en face d’elle. Pas ce à quoi elle s’était attendue en se disant qu’elle allait observer les gens. Est-ce qu’une tête seule comptait seulement pour une personne ? Dans l’état actuel des choses, elle ne voyait rien d’autre à faire que de rester plantée là jusqu’à ce qu’une réponse à cette question existentielle lui vienne à l’esprit. C’était malin, son muffin était tout trempé de thé maintenant. Ah. Il allait être si mou que même quelqu’un sans dent aurait pu le manger. Quelqu’un avec des yeux à la place des dents. Ah. Elle avait un peu envie de crier, quand même, si elle s’était souvenue de comment faire.
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Jeu 9 Fév - 9:07
Mes naufrages
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Il était malade. C'est ce qu'on avait dit à Ses parents. Malade. Comme si la grandeur qui se trouvait dans Sa tête était une tare. Comme si les pensées enflammées qui bouillaient dans Son esprit étaient malsaines. Comme si les voix qu'Il entendait ne représentaient pas la Vérité. Sa Vérité. Comme si Sa force n'était que fumesterie. Malade. Alors que, pour Lui, ce qui se passait dans son être était une bénédiction. Alors que, à Ses yeux, Il était le plus puissant. Les êtres immondes et faibles ne pouvaient comprendre. Ils ne comprenaient jamais. Sauf quand on leur mettait les preuves sous le nez. Et, ces preuves, Il se plaisait maintenant à leur offrir. Maintenant qu'Il était libre. Maintenant qu'Il pouvait agir. Maintenant qu'ils ne le gardaient plus prisonnier. Maintenant.

Il avait laissé la tête décapitée à St-Mangouste la veille. Au matin, Il y était revenu et c'était assied à une des tables, guettant la réaction des gens. Il adorait voir la peur sur leurs traits, le dégoût et la panique quand ils réalisaient. Quand ils se rendaient compte qu'il existait quelqu'un de plus grand qu'eux. De plus puissant. De plus magnifique. Lui. Il avait observé la jeune fille blonde qui s'était approché de la boutique, pure et innocente rose. Il avait sourit quand Il l'avait vu se figer devant la tête, quand son petit corps s'était mit à trembler. Comme à toute les fois ou Il était témoin de terreur, Il avait senti son sexe se durcir. Ho comme il adorait ça ! Son sourire s'était fait plus intense puis, Il s'était levé. Lentement. Est-ce qu'Il allait la prendre ? La prendre et l'amener pour assouvir Ses fantasmes ? La prendre pour ne plus jamais la laisser aller son âme. Pour garder celle-ci prisonnière comme on avait fait prisonnière la Sienne ? Ce serait si simple. Si facile de la prendre. De la prendre.

Il passa derrière Malka, la frôlant presque. L'ombre de Son visage se faufila sur la fenêtre, déformant Ses traits. Il passa, reniflant l'odeur de la peur de la jeune fille; odeur qui ne fit qu'augmenter la puissance de sa propre Grandeur. Son sexe se durcit un peu plus et l'envie de la prendre se fit plus forte. Ses cheveux. Il y touchait presque. La prendre serait si facile. Si agréable.

Il ne pouvait pas prendre le risque. Pas maintenant. Il poursuivit son chemin en direction de la sortie. Il retournais dans Sa tanière. Une jeune personne l'y attendait. Une jeune fille qui allait grandement apprécier la puissance de Son désir. Le désir allumé par la jolie blonde. Il allait penser à elle. Tout le long. Et, un jour ... Il la prendrait. Comme toutes les autres. Elle lui appartiendrais.
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Ven 10 Fév - 4:45
Quelque part au fond d’elle, une petite voix moins « congelée » que le reste de son esprit essayait de la secouer, en vain. Elle aurait dû prévenir quelqu’un. Sortir sa baguette. Peut-être qu’il y avait encore du danger. Peut-être qu’un enfant allait voir ce macabre spectacle, et elle devait l’empêcher. Mais non. Ces pensées flottaient vaguement à la périphérie de son champ de vision, comme des papillons fragiles qu’elle aurait été incapable de fixer. 


Devant elle, la tête. « On » ne s’était pas contenté de décapiter la personne, on l’avait torturée, aussi. Avant, après ? La réponse s’imposa d’elle-même : avant, bien-sûr. Aucun intérêt à torturer quelqu’un de déjà mort. Quand on était mort, on était enfin tranquille. Malka écarquilla les yeux, comme pour bien vérifier qu’ils étaient là, pour mieux faire entrer la lumière de la boutique-salon de thé, cherchant inconsciemment à repousser ses propres souvenirs de ténèbres. Elle était elle, la tête était la tête. 


Le tremblement de ses bras faisait tinter légèrement la cuillère contre sa tasse renversée, et ce fut finalement ce petit bruit anodin qui lui donna la force de reculer. Ce faisant, elle faillit rentrer dans quelqu’un qui passait derrière elle et s’éloignait vers la sortie. Avec la lenteur de quelqu’un en transe, elle avança la main vers la silhouette, pour la prévenir, pour obtenir du secours, mais elle eut à peine le temps de sentir passer sa chaleur, celle-ci s’éloignait déjà. Avec la rapidité d’un réflexe qu’elle n’eut pas le temps de comprendre, sa main retomba et rattrapa le plateau menaçant de se fracasser par terre.


Après cela, elle continua à reculer à l’aveuglette jusqu’à buter contre une table, et se laissa choir sur la chaise laissée là, déjà dégagée de la table comme pour l’accueillir. Celle qui, sans qu’elle le sache, avait utilisé l’assassin dans lequel elle avait failli rentrer quelques secondes plus tôt. Le plateau fut simplement déposé sur ses genoux, la possibilité de le soulever puis de le déposer sur la table ne l’effleurant même pas. Par réflexe, elle tourna la tête vers la porte : nulle trace de l’inconnu. Comme aimantée, son regard retourna donc sagement se fixer sur la tête à 3 mètres devant elle. 


Elle avait froid, et la petite voix à l’intérieur d’elle-même lui souffla le mot choc. Amusant comme à force de fréquenter le Psymage, elle pouvait se diagnostiquer toute seule, sans être pour autant capable de se tirer de sa léthargie. Au moins avait-elle retrouvé un peu le contrôle de ses jambes. Le reste allait revenir, peut-être. Elle n’était pas pressée. Rien ne se passait, de toute manière. Devant son regard fixe, la tête n’allait aller nulle part. Les bruits de la boutique autour d’elle lui semblaient comme assourdis, comme si le temps s’était suspendu ou qu’elle était enveloppée dans du coton. Il y avait bien la possibilité que le thé renversé et qui imprégnait le devant de ses vêtements l’ait légèrement brûlée, mais cet inconfort mineur était géré en arrière-plan par son cerveau. Au premier plan ? Le vide. Mieux que les pensées incohérentes et ironiques des premiers instants, mieux que la panique et la peur qui avaient commencé à l’envahir, mieux surtout que ses souvenirs. Fixer la chose dans un sentiment d’horreur diffus, vague et hébété, trembler et ne penser à rien, absolument à rien. Le vide.
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Julianne VanHolsen
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Ven 10 Fév - 15:55
(Pauvre p'tite ... m'en viens t'aider Wink)

Mes naufrages
Jenni devait sortir de Saint-Mangouste aujourd'hui. J'étais donc venue l'aider à rapporter tous les cadeaux et les trucs donnés pour Ewan (iiiiiiiii Ewan !) par les membres de l'Ordre et les divers collègues de ma meilleure amie. J'allais ensuite me rendre chez elle pour mettre en place le plan B. Le plan Bébé. C'est-à-dire comment survivre dans les premiers jours. Je prenais mon rôle de marraine très au sérieux ! Puis, je devais l'avouer, maintenant que je pouvais quitter Westmacott sans risquer de me faire renvoyer à Azkaban, j'en profitais. Ok, je pouvais encore être lapidée par quelques individus mais j'avais dépassé la culpabilité qui les auraient laissé faire. Je commençais même à me dire que je pourrais recommencer à travailler ici. Pourquoi pas ? Au début, peut-être que les patients ne voudraient pas que je les touches, mais il serait surprenant qu'ils désirent se laisser mourir par empoissonnement plutôt que de se laisser traiter, non ? En tout cas.

J'avais décidé de passer par le café pour apporter quelques gâteries pour Jenni et Drago. En entrant sur les lieux, je dut contourner un genre de type un peu "étrange" qui marchait en affichant un air "perdu". Je ne lui portai guère attention. À peine un regard vague qui n'allait pas me permettre de un, me souvenir que je l'avais croiser et de deux me souvenir de ses traits. Pourquoi diable est-ce que je lui aurais porté une attention particulière ? C'était normal que les gens ici soient un peu "perdus" ou qu'ils ne semblent pas dans leur assiette. Nous étions dans un hôpital ! Le type devait se sentir mal ou encore il était membre de la famille d'une personne qui n'allait pas bien. On voyait beaucoup de ces "gens fantômes" ici. Et même si cet homme semblait un peu plus ... "lourd" que les autres, cela ne me "perturba" pas outre mesure.

Je me dirigeai en direction du comptoir à pâtisserie quand je tournai la tête devant une salutation d'une infimière. Je lui rendit son salut et c'est ainsi que je la vit. Malka. Elle était assise un peu plus loin, un plateau sur les cuisses, une tache humide sur ses vêtements et ... elle semblait ailleurs. Pas de Justicars en vue, alors il ne s'agissait pas d'une attaque de magie noire. Mais, elle n'allait visiblement pas bien. J'oubliai instantanément mon idée de gâterie et je tournai les talons pour me rendre près de ma protégée. Elle était blême et fixai un point vague devant elle, point que je ne pensai pas regarder. Pourquoi faire ? Elle devait "fixer un souvenir".

" Malka ? Malka ... qu'est ce qui se passe ? " lui demandai-je doucement

Je m'agenouillai devant elle en la regardant avec sollicitude. Restait à espérer qu'elle n'était pas dans un souvenir lié aux Deux Grands, sinon me voir risquait peut-être de la faire hurler. Mais, ça me surprendrait ... elle prenait vraiment du mieux, surtout depuis notre voyage à Avalon.

" Je suis là. Qu'est-ce qu'il y a ? "
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Malka Covey Black
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Ven 10 Fév - 16:43
Pendant ce qui aurait pu être une éternité, il ne se passa rien. Ou du moins, rien qui n’attire l’attention de Malka. Le thé imbibant ses vêtements avait fini par refroidir, elle avait un peu plus froid, elle tremblait un peu plus fort. La cuillère avait glissé loin de la tasse, et ne tintait plus. Rien ne semblait pouvoir la tirer de son étrange contemplation. Devant elle se tenait toujours la tête. 


Malka avait beau fixer plutôt que d’observer délibérément, elle sentait les détails en train de s’imprimer dans son esprit. Elle pouvait presque entendre ses pensées décrire d’une voix froide et impersonnelle ce qu’elle avait sous les yeux. La tête n’avait plus de cheveux, la faute à du cuir chevelu à moitié arraché, à moitié brûlé. Entre les traces de sang, les brûlures et les endroits où il n’y avait simplement plus de peau, impossible de dire seulement si la personne avait été blanche ou noire. Ca n’était plus une personne. C’était une tête. Vainement, l’esprit de la jeune Gryffondor essaya de reconstituer mentalement un front lisse là où n’était qu’un espace ravagé. Ca n’en valait même pas la peine. Finalement, c’était comme si les choses avaient toujours été ainsi. Comme si les orbites avaient toujours été vides, aveugles, et la bouche ouverte d’un sourire agrandi à la lame. Le parchemin aussi faisait partie intégrante de l’ensemble. A quoi bon le sortir, l’ouvrir ? Il appartenait à l’œuvre, comme le reste. Il n’y avait pas à chercher de fonction ou de message. Comme si le reste d’artère dépassant légèrement de la base du cou n’avait jamais mené à rien d’autre qu’à la tablette de la boutique. C’était là, c’était atroce, ça n’était rien. C’était la terreur. C’était le vide.



Il lui fallut même un moment pour réaliser que quelque chose obstruait son champ de vision. Malka. C’était elle, Malka, ça. Elle cligna des yeux, surprise de voir en face d’elle un visage familier. Là encore, il lui fallut un instant avant de se souvenir qui était la femme agenouillée devant elle. Ses traits se tordirent d’angoisse. Elle ne voulait devenir une tête à son tour. Elle ne voulait pas avoir mal. Sa bouche s’ouvrit, prête à crier et puis… Son cerveau rattrapa son retard et ce qui devait être un hurlement fut un murmure :

« Julianne. »


Julianne était une amie. Sa professeure, son mentor. Sûre. Elle avait été autre, avant, mais ça allait maintenant. Les traits de Malka se détendirent, elle sourit et expliqua, sur le ton de la confidence :

« Il faisait trop sombre, vous savez. J’avais l’habitude de les entendre mourir, mais pas de les voir. Vous comprenez ?»

Elle était désolée, okay ? Elle avait juste été surprise, et elle avait renversé son thé. Les pensées commençaient à revenir vers elle, à tourner, et c’était très désagréable. Il n’y avait là aucune émotion positive et elle n’avait pas envie de penser. Tout de même, que l’ex-Grande la trouve aujourd’hui, c’était ironique, non ? Un léger rire aux allures absentes lui échappa. Elle se redressa sur sa chaise et se tordit un peu le cou, son regard glissant par-delà Julianne pour retourner sur la tête. Il y avait un reste de terreur au fond de ses yeux vitreux. Le vide. C’était mieux ainsi, non ?
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Julianne VanHolsen
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Mar 14 Fév - 15:52
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Malka sembla "revenir à elle", du moins en partie. Toujours agenouillée devant elle, je lui offrit un sourire maternel rempli de tendresse. Je ne savais pas ce qui se passait, mais elle était visiblement mal. Peut-être était-elle venu voir Luka et qu'un souvenir avait remonté après coup ? Parce que jamais mon beau-frère ne l'aurait laissé partir ainsi. Et je ne comprenais pas ce qui se passait, Malka avait tellement prit du mieux. Pourquoi était-elle dans cet état maintenant ? Elle prononça mon prénom d'une petite voix et je posai délicatement la main sur la sienne pour l'inciter à parler. Elle me dit alors qu'elle avait l'habitude de les entendre mourir, pas de les voir ... à cause du noir. Mon Dieu ! Que Merlin me vienne en aide !

" Oui, je comprend ... tout est fini maintenant, il n'y a ..."

Son regard dériva par dessus mon épaule et elle ne sembla plus me voir. Je me tue donc pour regarder par dessus mon épaule. Qu'est-ce qui la perturbais tant ? Mes yeux parcoururent ce qui se trouvait derrière moi. La boutique. Divers cadeaux, cartes, bibelots, fleurs, toutous, tête ... heu quoi ? Ma bouche s'ouvrit d'horreur et de surprise. Il y avait une tête décapitée et affreusement mutilée sur l'étagère. Une tête qui nous regardait de ses orbites vides, ou presque. Un papier sanglant en dépassait.

" Merlin ... " murmurai-je

D'accord. Il fallait que mon cerveau reprenne le contrôle. Ce que je voyais était tellement ... tellement horrifique. Je refermai la bouche et tentai de contrôler les tremblements de mon corps. Pourquoi ? C'était d'une cruauté ! Il fallait que je fasse sortir Malka d'ici. Que tout le monde sorte d'ici, qu'on ferme le café, qu'on sécurise le secteur et qu'on fasse intervenir le Ministère de la Magie. La Directrice Bonham devait aussi être avisée. Moi qui songeais à reprendre du service, ça n'allait pas aider la vision que certaines personnes gardaient encore de moi ! Je prit une profonde inspiration en me relevant doucement. Doucement, parce que j'étais incertaine que mes jambes puissent me porter. En tant qu'ancienne Griffondor, j'étais courageuse certes ... mais l'horreur demeurait l'horreur. Une fois debout, je me retournai en direction de la boutique, y faisant face. Je sortie ma nouvelle baguette magique et la pointai droit vers la tête. Elle devait "disparaître". Du moins le temps nécessaire à l'arrivée des Aurors.

* Evanesco *



La tête disparue. Enfin, elle devint invisible à la vue. Je rangeai ensuite ma baguette et me retournai vers Malka. La faire sortir d'ici, maintenant. Je m'agenouilla à nouveau devant elle, lui sourit et lui dit tendrement en lui tendant la main, une main que je tentais de garder stable :

" D'accord. Allez viens, maintenant. On va aller te nettoyer et je te ramènes chez toi "

La faire sortir d'ici, ensuite aviser la sécurité, faire tout boucler ... ensuite on pourrait tenter de respirer et de comprendre l'incompréhensible.
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Malka Covey Black
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Mar 14 Fév - 17:34
Non, Julianne ne comprenait visiblement pas. Malka avait beau faire de son mieux pour ne penser à rien, ne pas laisser de place à ses souvenirs, une seule pensée l’envahissait désormais tandis qu’elle fixait la tête presque sans la voir, obsédante :

« Ca aurait pu être moi, avant. »

Quatre ans auparavant, ça aurait pu être elle, réduite à la condition de crâne martyrisé, et ça, personne n’aurait dû être capable de le concevoir. Et pourtant, c’était logique. Julianne la Grande s’était lancée dans une séance de découpage en règle la concernant, non ? D’abord les ongles. Ensuite les doigts et les orteils. Et puis ça aurait été les mains, les pieds, les avants bras, les mollets, jusqu’aux épaules, les cuisses et… Et la tête, et la tête, alouette ! Jusqu’à quel stade pouvait-on rester vivant face à une telle horreur, si on admettait que la « personne » vous torturant voulait vous garder en vie le plus longtemps possible ? Pire, jusqu’à quel stade restait-on conscient de ce supplice ?  Malka se sentait glacée jusqu’à la moelle. C’était le genre de pensées sombres qu’elle ne voulait plus jamais avoir. Elle était certaine d’avoir enduré son maximum à ce sujet, et ne pouvait pas en prendre un gramme de plus, pas même de torture mentale et hypothétique. Alors, cette tête…



Elle ne se rendit compte que Julianne lui avait pris la main que lorsque celle-ci la lâcha en se retournant vers la tête. Malgré sa sidération, son cerveau notait à la périphérie des détails de ce genre. Intéressant, hein ? Bof. Ce qui la fit vraiment réagir, en revanche, lui la disparition soudaine de la tête. Où était passée la source d’angoisse qui lui servait aussi bizarrement d’anesthésiant ? La jeune Gryffondor cligna des yeux, avant de fixer Julianne avec plus de « présence » que la fois précédente. Elle avait l’impression de sortir d’un affreux cauchemar.

« C’était réel, n’est-ce pas ? »

Juste pour être sûre. Presque par habitude quand elle sentait ses pensées lui échapper, Malka commença à compter ses respirations. En l’occurrence, elle maîtrisait parfaitement son souffle, mais c’était juste un moyen de s’ancrer dans la réalité et d’essayer d’arrêter les tremblements qui la parcouraient. Tasse et cuillère tintant comme des grelots sur le plateau, elle eut l’impression de faire un effort surhumain pour le soulever des deux mains et le déposer de justesse sur la table.




La main de Julianne tremblait aussi, quoi que moins fort que la sienne. Malka la saisit et se redressa avec l’équilibre fragile d’un poulain qui vient de naître. Julianne avait un plan, il suffisait de suivre les étapes, c’était simple et rassurant. Se laisser faire. C’était bien. Sauf la dernière étape. La jeune fille s’arrêta, fit un effort pour articuler avec une fermeté surprenante, malgré ses dents qui claquaient elles aussi :

« Non. Pas chez moi. Trop de… têtes. »

Sérieusement. La dernière des choses qu’elle désirait voir en cet instant étaient l’exposition d’elfes de maison décapités ayant appartenu à l’honorable famille Black à travers les siècles. Non. Elle n’avait aucune idée de comment gérer ce qu’elle venait de voir mais une chose était sûre, pas Square Grimmaurd.
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Julianne VanHolsen
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Mer 15 Fév - 16:44
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J'eu un sourire mi compatissant mi inquiet quand Malka me dit que cette chose aurait put être elle. Oui. Oui, ça aurait put. Ça aurait très bien put. Un de ses doigts avait d'ailleurs écopé. Et je suis certaine que la Grande lui aurait coupé la tête sans hésitation si elle avait eu le temps et l'opportunité de le faire. Mais, je ne voulais pas penser à ça. Je ne voulais pas penser à ce que mon corps avait fait quand il était sous possession. Plus maintenant. Je répondit d'un ton calme et maternel, le ton que j'utilisais pour calmer les cauchemars de mes enfants.

" Oui, mais ce n'est pas toi. Ce ne sera jamais toi, Malka. Tu est libre maintenant. Libre, vivante et forte. Tu est la descendante d'Ygraine d'Avalon, mère du Roi Arthur. Tu est libre ... tu est noble et tu vas vivre " dit-je en replaçant une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille

Je l'aidai à se relever et ajoutai en soupirant :

" Oui, c'est réel Malka. Et nous allons trouver celui ou celle qui s'amuse à faire peur aux gens ainsi.Cet individu ne gagnera pas "

Je retrouvai peu à peu mon aplomb. Faire "disparaître" magiquement la tête était une bonne idée. Ça permettais de mieux réfléchir. Je passai un bras autour de la taille de Malka, question de la soutenir de mon mieux et de l'aider à sortir d'ici, quand elle s'arrêta brusquement. Elle ne voulait pas retourner chez elle. Il y avait trop de têtes. Mais oui, Merlin ! J'étais stupide ! J'aurais dut y penser ! Je ne réfléchi que quelques secondes. Il n'y avait que deux endroits ou je savait Malka en sûreté. Chez moi ou à Poudlard.

" Tu veux aller à Poudlard ? Je t'y amènes. Je m'arrange avec ton père "

Oui, je savais que Sirius faisait des siennes sur un retour de la jeune femme à Poudlard. Il marmonnait des paroles de père effarouché à chacune des réunions de l'Ordre. Et, personnellement, je croyais que Malka devait être à Poudlard. Elle y apprenait à se défendre. Beaucoup mieux qu'ailleurs. Et avec le nombre de Professeurs qu'il y avait, presque tous des membres de l'Ordre du Phénix, c'était logique de l'y amener. On verrait ce qu'on ferait après.

" On y va, d'accord ? "

(haha, et toc dans les dents de Sirius lol)
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Julianne F. VanHolsen
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Jeu 16 Fév - 18:22
C’était difficile de tenir les pensées éloignées à distance. Si elle avait été dans son état normal, elle n’aurait jamais laissé la moitié du quart de ses angoisses lui échapper ainsi à haute voix devant Julianne Van Holsen. C’était quand même indélicat ! Probablement que sa mentor se doutait un peu de se qui lui traversait l’esprit de temps en temps, mais ça n’était pas une raison pour le lui mettre sous le nez. Elles savaient toutes les deux ce qui s’était passé et maintenant elles avançaient. Il n’y avait pas le temps pour de la culpabilité mal placée, mais ça n’empêchait pas d’avoir du tact… excepté aujourd’hui. Avoir une tête mutilée en face de vous, ça désinhibait !



La jeune Gryffondor s’accrocha aux mots de son aînée comme à une bouée, et imperceptiblement, commença à se tenir plus droite. C’était vrai, elle était forte. Curieux comme elle avait tendance à l’oublier, parfois. Mais Julianne avait raison, elle allait vivre. Marre de se contenter de survivre, elle méritait mieux que ça, elle était capable. Elle descendait de la mythique duchesse de Cornouailles, ou pas ? Elle descendait bien, via sa mère, d’Ygraine d’Avalon, via la fille aînée de celle-ci, la moins connue des trois, Elaine. Elle avait été soufflée en l’apprenant, lors de son séjour à Avalon. Et peut importait si la légende arthurienne avait un peu oublié Lady Elaine de Tintagel pour lui préférer les figures de ses sœurs Morgane la fée, Morgause la manipulatrice et de son demi-frère Arthur, roi de Bretagne. La mémoire d’Avalon, elle, n’avait rien oublié de ses ancêtres, et sa branche était aussi puissante que les autres, si simplement plus discrète, ce qui expliquait qu’elle ait découvert sa lignée aussi tard. Elle descendait de femmes fortes, puissantes et indépendantes malgré les mœurs de leur temps, des femmes actrices de leur destinée. Elle pouvait puiser du courage dans ce savoir, pour pouvoir agir.

Et pour l’instant, commencer par se lever. Plus tard, en effet, elle demanderait de nouveau à être informée, tenue au courant, voudrait rapprocher ces moments sinistres de ceux créés par le « Badau »… Mais pas tout de suite. Elle n’était pas encore en état de réfléchir et de synthétiser les choses.


« Poudlard, c’est bien. J’étais venue pour ça, une lettre du Psymage Pétrov disant à mon père que je pouvais y retourner. »

Comme quoi, nous n’étions jamais à court de surprise. Un cadavre l’aurait fait quitté l’école, un cadavre l’y ramenait. Malka ferma les yeux un bref instant, essayant de s’imaginer le lac noir à moitié dégelé, vision réconfortante qu’elle convoquait régulièrement pour s’aider à patienter depuis quelques mois. A force de réaliser l’exercice, elle y arrivait avec un réalisme surprenant, visualisant les saisons et leur impact sur le parc : herbe boueuse puis brûlée par la neige, ciel dégagé et tourelles se reflétant sur les eaux immobiles, bientôt rendues opaques par une épaisse couche de glace. Aujourd’hui déjà, le printemps devait commencer timidement à se préparer en coulisses.




Mais ce qu’elle vit derrière ses paupières n’avait rien à voir avec le parc de son école ou son élément fétiche. Elle se raidit, prenant un peu plus appui sur le bras de Julianne lui entourant la taille : elle avait beau penser à tout ce qu’elle voulait, tout ce qu’elle pouvait voir, en fermant les yeux, était la tête. Aussi nette que si elel avait été encore en train de la fixée, se détachant clairement sur fond noir. Mais toutefois pas exactement comme dans la réalité : les deux orbites étaient vides et une fumée rouge en sortait en lents volutes.

« Que j’aime ceux des tombeaux… »

Elle avait commencé à parler sans s’en rendre compte, yeux toujours fermés, et les rouvrit brusquement parce que l’image de fumée derrière ses paupières lui donnait envie de tousser, aussi étrange que cela puisse paraître. C’est… c’était quoi ce truc ?

« Julianne, si vous fermez les yeux, est-ce que vous aussi vous la voyez encore ? Je veux dire, pas juste s’en souvenir, la voir, vraiment. »

Elle ferma les paupières une fraction de secondes pour vérifier, et les rouvrit immédiatement. La tête était définitivement là, crachant sa fumée d’allure toxique, lui soufflant des mots morbides. Elle toussa, et inspira un grand coup. Ca allait aller. Ca devait aller. Tant qu’elle avait les yeux ouverts, elle était en sécurité et ils allaient forcément trouver une solution avant que la nuit ne tombe. Une chance que Julianne ait rendu la chose invisible, si comme elle le soupçonnait l’étrange vision s’attrapait en regardant la… chose. L’horreur des premiers instants et des souvenirs refoulés était en train de faire place  la peur, et elle tremblait plus fort que jamais, heureusement soutenue par Julianne, mais bizarrement, l’enjeu nouveau était en train de rendre son esprit plus clair. Il le faudrait bien, pour lever ce qui avait tout l’air d’un maléfice.
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Julianne VanHolsen
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Mar 21 Mar - 16:08
Mes naufrages
Mon corps tendu comme un arc, j'attendais la réponse de Malka en m'efforçant de ne pas penser au crime qui avait eu lieu. À qui appartenais cette tête ? Qui l'avait coupée et mise ici ? Dans quels desseins ? Est-ce que les patients de St-Mangouste étaient actuellement en danger ? L'étions-nous nous-même ? Décidément je n'aurais pas faite une bonne Auror parce que cette horde de questions me faisaient l'effet d'une tornade intérieure. Hormis que ce soit le choc ? Bref, j'émit un sourire que je voulais réconfortant en direction de Malka quand elle m'informa qu'elle était venue ici pour ça; pour avoir une lettre afin de ré-intégrer Poudlard. Parfait ! Parfait, donc. Je doutais que mon beau-frère soit encore enclin à donner son accord actuellement, surtout s'il voyais la jeune femme en cet instant même, mais peu m'importais. Je voulais l'éloigner d'ici. L'éloigner du traumatisme.

" Parfait, alors nous y allons "

Je me remit à marcher, soutenant Malka et l'aidant à marcher. Autour de nous, personne ne nous regardait même si nous avancions presque en tâtonnant, telles des naufragées ayant perdue espoir. Normal puisqu'en ces lieux la maladie régnait. Qu'une adulte aide une adolescente à marcher, une adolescente blême et aux yeux fermés n'avait donc rien d'étrange. Malka devait être atteinte de l'aveuglement du strangulot, rien de plus, devaient se dire les individus présents dans la salle, des individus eux-mêmes aux prises avec la douleur.

Nous étions presque sortie lorsque ma protégée se mit à parler d'une voix qui n'était plus la sienne mais qui l'était tout à la fois. Une voix qui récitait d'un ton atone un discours des plus morbides. Heureusement, Malka ouvrit les yeux, cessa d'avancer et me regarda d'un air intrigué quoique légèrement apeuré. Comment ? Est-ce que je voyais la tête lorsque je fermais les yeux ? Malka referma les yeux quelques secondes, une demie fraction je dirais, avant e les rouvrir et de me regarder à nouveau de son air inquiet. Je la regardai quelques instants, incertaine, puis je fermai les yeux à mon tour. Ce que je vit derrière mes paupières était sans équivoque. On aurait dit que je me retrouvais devant la tête décapitée, en temps réel et non pas en souvenir. La tête était là, ses orbites vides me fixaient, m'appelant à elles et me tirant dans un néant insondable. La bouche béante me paraissait gigantesque et le parchemin si attirant me sembla bouger et bouger encore, comme si une respiration le faisait vivre. La tête me parlait. Elle était en moi, sur moi. Le vide m'envahit. Je me sentais aspirée vers les bas fonds et, lentement, ma bouche exprima ces mots :

" ... comme ils sont propres et nets et luisants,
comme ils font bien ce qu'ils savent faire.

On a été humble jusqu'à l'orgueil de s'anéantir,
On a été chaste jusqu'à cesser de se sentir un homme,
On a été pitoyable jusqu'à s'ôter le pain de la bouche pour le jeter aux pourceaux,
On a été juste jusqu'à être loyal avec ses ennemis.
On a été un idiot sublime.

Claquez donc, fouet de ma vengeance,
pour que Dieu n'ait pas été le seul à se repentir de la naissance de l'homme."


Je vit. Je vit des scènes d'horreur. Des scènes monstrueuses que l'ont ne peut imaginer. Des corps décharnés, des lèvres qui éclataient, des yeux qui se perçaient et desquels s'écoulèrent un liquide noirâtre et sombre, des cerveaux pulvérisés, des cadavres étalés en pleine rues ... c'était comme si ... comme si le don de voyance Koric, cet horrible et diabolique don, m'était à nouveau remis.

Blême et nauséeuse, j'ouvris les yeux. Je ne pouvais ... qu'est-ce qui se passait encore ? Mon regard se posa sur celui de Malka et, d'une voix tremblante mais assurée, je lui dit :

" Partons d'ici. Maintenant "

Une malédiction. À n'en pas douter. Il fallait sortir du salon de thé, le faire fermer, le mettre en quarantaine et faire venir les Aurors ainsi que les employés du département des mystères. C'était urgent.

" Ce truc quelqu'il soit est maléfique. Ensorcelé par la magie noire. Il faut s'en éloigner "

Plus loin nous serions moins nous serions sous son emprise. Et tous ces gens qui se trouvaient dans le salon de thé ? Même s'ils n'avaient pas vu la tête, étaient-ils en danger ? Il fallait affirmer que oui et les faire sortir de là. Mais d'abord sortir nous-même. Il y avait un poste de sécurité un peu plus loin, près du hall. L'atteindre et envoyer des secours. Immédiatement.
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Julianne F. VanHolsen
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Malka Covey Black
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Dim 2 Avr - 11:50
Un pied devant l'autre et une chose à la fois. Ca, elle pouvait faire. Gagner un peu d'assurance et de contrôle à chaque pas, s'appuyer un peu moins sur Julianne, partir de cet endroit. Se protéger de... ça. Elle allait commencer par s'occuper d'elle-même, retrouver sa force, et ensuite, elle verrait bien. Le reste, la sécurité des autres, le nettoyage, les Aurors, tout ça, elle le laissait à Julianne. Merlin, comment ferait-elle quand elle serait adulte et qu'elle ne pourrait compter que sur elle-même ? Malka se secoua mentalement. Elle pouvait déjà compter sur elle-même, elle avait déjà été seule, et elle avait toujours survécu. Savoir se débrouiller soi-même ne signifiait pas qu'on n'avait pas le droit de recevoir de l'aide. A Poudlard, il en était toujours donnée à ceux qui en avaient besoin, c'est le grand Albus Dumbledore qui l'avait dit, et à Poudlard elle retournait. Elle était peut-être dans un cauchemar en cet instant, mais elle allait se réveiller.

Ou pas. Cette tête derrière ses paupières closes, c'était nouveau et effrayant. Comme si cette chose prenait le contrôle, avait sa propre vie dans sa tête. Réel. Elle savait que sa tête n'était pas en train de lui jouer un tour. Jamais elle n'aurait inventé seule les mots qu'elle venait de dire. La jeune fille vit l'incertitude dans le regard de Julianne. Adultes ou pas, la situation dépassait clairement l'ordinaire.  

Figée, elle regarda Julianne fermer les yeux à son tour, et si le visage de sa mentor restait parfaitement lisse, ses lèvres se mirent bientôt à réciter des paroles macabres. Malka sentit le sang se glacer dans ses veines, presque littéralement.



"Arrêtez."

Elle avait froid, elle avait peur, et elle avait à nouveau un semblant de maîtrise d'elle-même. Ca n'était pas dans sa tête, elle n'était pas folle, et c'était déjà ça. Ca n'était pas de sa faute.  Elle se redressa, se tenant droite. A la vérité, elle n'avait pas froid, elle était gelée, et fut presque surprise de constater que tous les poils de ses bras étaient dressés.  Elle acquiesça. Effectivement, elle voulait partir d'ici le plus vite possible.  Avec cette nouvelle forme de peur venait une certaine détermination, et elle commença à marcher vers la sortie d'un pas plus assuré.

"Je veux sortir cette chose de ma tête. Il y a cette fumée... c'est si réel que je suis sûre que ça me ferait étouffer pour de vrai. Je veux... de la lumière. Qu'est-ce qu'on fait ?"

Sa voix était toute petite, mais claire. Etait-ce dû au fait qu'elles avaient regardé la tête ? Elle avait été si... hypnotique, comme si elle voulait être regardée. C'était absurde. Un cadavre n'avait pas de volonté.  Ou était-ce dû au fait qu'elles étaient encore prêt, et cela disparaitrait-il lorsqu'elles s'éloigneraient ?

Elles venaient de franchir la porte du salon de thé, et Malka décida de tester son hypothèse. Elle prit une grande inspiration, et ferma de nouveau les yeux. C'était toujours là, atroce et attirant à la fois, comme doué d'une volonté propre. La fumée rouge avançait vers elle et elle rouvrit les yeux, prise d'une violente quinte de toux, un goût acre dans la bouche. Ca avait peut-être l'air d'une illusion mais ce truc était réellement nocif, et elle devait absolument s'en débarrasser. Avant ce soir, si elle ne voulait pas mourir avant même d'avoir eu le temps de s'endormir. Elle s'essuya les lèvres d'un revers de main et adressa un long regard à Julianne avant de se remettre en marche. Elle avait de nouveau une bonne raison d'avoir peur du noir.
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