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"Je vois des gens qui sont morts" [Libre]

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Malka Covey Black
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Mar 28 Nov - 1:04
28 novembre 2007

Dans la salle d’attente du Département de Psychiatrie, Malka était nerveuse. Agitée. Mains glissées sous ses cuisses, elle ne pouvait néanmoins s’empêcher de balancer légèrement ses jambes depuis sa chaise en plastique, et respirait vite. Elle avait un peu peur, et elle était impatiente, aussi. Mais une Griffondor faisait face aux problèmes avec courage, y compris quand il s’agissait de sa santé mentale, et Malka avait bien retenu la leçon après cet été, alors, elle était là. Elle avait obtenu ce rendez-vous avec le Psymage Petrov en urgence, la veille, et s’était rendue à Sainte-Mangouste via la cheminée de l’infirmerie de Poudlard. Personne ne pourrait lui reprocher de ne pas avoir fait le nécessaire.


Trois jours plus tôt, le samedi, avait été un jour de sortie à Préaulard. Une vraie joie que ce genre d’excursion ne soit désormais plus suspendu ! Elle avait passé une après-midi délicieuse en compagnie de Nathaniel et de plusieurs de leurs amis, dépensant un peu d’argent de poche chez Honeydukes et généralement flânant dans les rues dans de grands éclats de rire. Et c’était là qu’elle l’avait vu pour la première fois : une grande femme blonde, d’une quarantaine d’années, peut-être, l’air un peu hagard, mais aux yeux d’un bleu tellement familier qu’elle avait failli en tomber à la renverse. « Tu l’as vue ? » avait-elle demandé à Nath.  Mais la femme avait déjà disparu au détour d’une ruelle et son amoureux avait secoué la tête. Un peu sonnée, Malka s’était laissée entraînée la suite de l’après-midi, jusqu’à ce que la pluie pousse la joyeuse bande à se réfugier aux Trois Balais. Et elle l’avait vue une seconde fois, à demi dissimulée sous un capuchon gris, buvant lentement un sirop de violette incongru dans cette froideur hivernale. Et c’était le détail de trop qui avait ôté tout doute à Malka. Elle s’était pincée, violemment, pour être sûre qu’elle ne rêvait pas, effacer tout doute possible. C’était trop incroyable. Nathaniel avait surpris son geste, et avant qu’il puisse lui faire le moindre reproche, elle avait saisi son bras, rouge d’excitation, et pointé la table dans un murmure presque hystérique : « Mais là, regarde, tu ne trouve pas qu’elle me ressemble ? ». Sauf que la table était vide, le verre à jus aussi,  deux Mornilles déposées à côté de lui. Elle avait posé la question à la serveuse, sans résultat. Le samedi était une grosse journée pour le bar. Nath avait eu l’air inquiet, et elle s’était soudain sentie particulièrement désemparée. Elle était une idiote, aussi. Les morts étaient morts étaient morts étaient morts. On lui avait pourtant assez fait la leçon.



Alors pourquoi la certitude d’avoir vu sa mère ne l’avait-elle pas quittée du week-end ? Elle n’avait pas pu s’empêcher d’y penser, donnant le change et prétendant que rien ne s’était passé devant Nath, mais dormant à peine tant son cerveau tournait à plein régime. Et si sa mère n’était pas morte ? Non. Impossible. Elle l’avait vue de ses propres yeux, bien, pas morte morte, mais morte vivante. Les gens avec le cœur en dehors de leur poitrine étaient morts. Alors ? Elle avait eu une sœur jumelle, et cette tante venait soudain de débarquer en Angleterre ? Elle avait pris ses désirs pour des réalités et tout misé sur une pauvre dame inconnue ? Mais pourquoi les autres n’avaient-ils rien vu ? Une éventualité particulière s’était imposée à elle dans la nuit du dimanche au lundi : elle avait eu une hallucination. Elle s’était créé l’image de toute pièce. C’était la seule explication rationnelle au fait qu’elle ait vu sa mère, morte depuis presque dix ans, soudain bien portante à Préaulard. Le seul scénario logique. Et il était vraiment flippant, parce que jusque-là, elle n’avait jamais rien vu qui n’existait pas. Des cauchemars, des flash-backs, oui. Mais des hallucinations ? Au secours, cette fois-ci elle était vraiment en train de devenir folle ! La situation était grave, et il ne fallait pas la laisser traîner, attendre comme avait fait cet été, et la laisser dégénérer. Sinon, qui savait ce qu’elle allait voir ensuite ? Espérons que le Psymage Petrov ait une solution. 
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Luka Petrov
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Lun 4 Déc - 10:31

Luka
Petrov

Malka
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Je vois des gens qui sont morts
Le sorcier était de retour au travail et il devait dire que cela lui faisait du bien ! Ho, il avait apprécié les petites vacances en famille qu'il avait prit avec les siens, mais il commençait à s'ennuyer de ses dossiers. Quand on choisissait de guérir l'âme, c'était une passion, une vocation dont on ne pouvait se défaire bien longtemps. Dès son retour, donc, Luka avait tenté d'utiliser son, comment le nommer, nouveau don, sur ses patients psychiatrisés. Les cas les plus lourds comme les Londubat. Peut-être pouvait-il les guérir en posant les mains sur eux ? Malheureusement, cela n'avait pas fonctionné. Apparemment sa nouvelle faculté magique, acquise inexplicablement suite à sa détention dans l'Antre du mal, ne pouvait que guérir les maux physiques. Luka trouvais ça fort dommage, d'ailleurs. Il aurait bien aimé soigner les maux psychologiques aussi aisément. Ça aurait fait du bien à plusieurs personnes. Et lui aurait put prendre sa retraite et glander en faisant du surf. Mais bon, ça avait l'air qu'il allait devoir travailler encore des années et qu'une fois sa retraite arrivée, il serait trop vieux pour surfer ! Sa vie était si triste ! Hahaha, blague.

Le psymage venait de terminer une séance avec une dame d'un certain âge, aux prises avec une fâcheuse tendance à mentir aux deux mots. C'était par conséquent assez difficile de savoir si ce qu'elle racontais valait la peine qu'on s'y penche. Il fallait reconnaître les petits indices non verbaux comme sa manie de se toucher le nez quand elle mentais. Ça prenait l'oeil mais, à force, on parvenais à y voir clair. Il termina d'écrire son rapport, s'étira dans son fauteuil, se passa les mains au visage puis bu une gorgée de thé. La journée était longue. Il y avait eu une crise de psychose le matin de la part d'un type qui croyait voir du sang gicler de ses mains. Au final, il s'était arraché les yeux. Luka les lui avaient remis en place, hop. Pratique quand même sur le département son nouveau don ! Héhé.

L'homme jeta un regard sur son horloge magique avant de prendre un nouveau dossier. Le dernier avant sa pause. Regardant le nom, il prit un air surpris. Malka Covey Black. Il y avait un moment qu'il ne l'avait pas vu en séance. La dernière fois c'était que cette tête avait été découvert au salon de thé de l'hôpital. La jeune femme ne venait maintenant le voir que lorsqu'elle en ressentais le besoin. Elle allait relativement bien, en fait. Avec ce qu'elle avait vécu, elle aurait put aisément développer une dissociation de la personnalité ou un trouble délirant. Pour le moment, il n'en était rien. Le sorcier se leva, dossier en main, afin de sortir de son bureau. Il marcha jusqu'à la salle d'attente, repéra Malka qui y était assise, lui sourit et lui dit :

" Malka ? Vous pouvez venir "

Elle était pâle et visiblement anxieuse. Encore des cauchemars, peut-être ? Avec Faussecreth ce ne serait pas surprenant.
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Malka Covey Black
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Lun 4 Déc - 16:45
Face au stress, Malka avait une bonne stratégie lorsqu’elle se trouvait dans cette salle d’attente : contempler ses chaussures. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas eu l’occasion de le faire, pourtant, si elle fermait les yeux, elle aurait presque pu revoir les sandales qu’elle portait la première fois qu’elle était venue ici. Elle avait de petits pieds à l’époque. Aujourd’hui, elle portait des Oxford noires, et elles manquaient de cirage. C’était au moins quelque chose qu’elle pourrait régler, contrairement au fait qu’elle était probablement en train de devenir folle. Oh, et elle était en train d’attendre dans le département même d’où Faussecreth s’était échappé. Réjouissant. Heureusement, elle ne gardait aucun souvenir de sa dernière visite. Le jour où elle avait trouvé la tête décapitée à la boutique, on lui avait donné une potion d’oubli. Au début, sa journée était juste devenue floue et mal séquencée, et au fur et à mesure que le temps passait, le souvenir s’était complètement autodétruit. Aujourd’hui, elle n’aurait même pas pu dire qu’il s’était passé quelque chose, à moins que quelqu’un ne le lui rappelle. Pratique, comme on pouvait jeter les souvenirs qui n’affectaient qu’une seule journée de votre vie.


L’appel de son prénom lui fit relever la tête et elle cessa de balancer ses pieds pour découvrir le Psymage Petrov devant elle. Elle se sentit aussitôt un tout petit peu mieux, et se força à lui rendre son sourire, quoi que de manière hésitante. C’était quasi certain qu’il allait savoir quoi faire. Jusque-là, il avait toujours réussi à l’aider, même si ça prenait parfois du temps.

« Bonjour. »

Elle se leva donc, et le suivit, soulagée de pouvoir enfin faire quelque chose à propos de son « problème ». Elle ne voulait plus jamais rester inactive face à ces phénomènes effrayants qui se passaient dans sa tête. D’un autre côté, elle n’aurait pas pu en parler à ceux qui l’aimaient sans les inquiéter. Bien, elle savait qu’elle était mineure et que si elle avait vraiment quelque chose de grave, le Psymage Petrov devrait probablement en parler à Sirius, mais on n’en était pas encore là, n’est-ce pas ? Son médecin était son allié, et elle lui faisait confiance. Il la connaissait bien. Il allait trouver une solution, une explication logique. 


Sitôt dans le bureau, elle attendit à peine que la porte soit refermée derrière elle pour sortir ce qui lui brûlait les lèvres, avant même de s’asseoir :

« Je suis venue vous voir parce que… j’ai vu ma mère. »


C’était la première fois qu’elle osait le dire à voix haute. Elle tremblait un peu et s’assit, prit le temps de calmer sa respiration. A quoi bon laisser les salutations d’usage, quand elle était déjà entrée dans le vif du sujet, de toute manière ? Elle reprit donc, yeux de nouveau fixés sur ses chaussures :

« Samedi, j’ai vu ma mère à Préaulard. Deux fois. Et je sais qu’elle est morte, que ce n’est pas possible, et aucun autre de mes amis ne l’a vue. Mais… elle semblait si réelle ! Elle n’a pas disparu quand je me suis pincée. Ses yeux étaient exactement de la même couleur que les miens. Et au Trois Balais, elle semblait boire un sirop de violette, et c’était sa boisson préférée, et c’est plutôt rare, non ? Et, elle n’était pas comme dans mes souvenirs exactement, c’était comme si elle avait vieilli un peu. Comme si elle était… vraiment vivante. »

Elle avait tout déblatéré d’une traite, elle qui d’habitude pesait ses mots, et à qui le Psymage Petrov devait plus ou moins tirer les vers du nez en début de séance. Maintenant qu’ils avaient été exposés à voix haute, les « indices » qu’elle avait cru voir semblaient bien ridicules. Et pourtant… Son cerveau lui disait que c’était impossible, mais ses yeux y avaient vraiment cru, et elle n’arrivait pas à se débarrasser de l’idée. A se dire qu’elle s’était simplement trompée, qu’elle était confuse ou autre. Bref, elle était perdue. Elle aurait dû savoir que ça ne pouvait être qu’une illusion. Les gens bien portant ne pouvaient tout simplement pas voir les morts.

« Est-ce que c’est ça, avoir des hallucinations ? Voir sa mère qui est morte depuis neuf ans ? Est-ce que je suis folle ? »



Bien. La question était posée. Elle se raidit sur sa chaise en attente du verdict et remonta lentement le regard, jusqu’à oser regarder Luka. 
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Luka Petrov
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Jeu 7 Déc - 15:51

Luka
Petrov

Malka
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Je vois des gens qui sont morts
Luka offrit un sourire à sa patiente avant de se diriger en direction de son bureau. En chemin, il l'observait discrètement. Elle était silencieuse, blême et préoccupée, presque sur le qui-vive. Une recrudescence des cauchemars, fort probablement. Est-ce qu'elle avait recommencé à s'auto-mutiler ? Le psymage ouvrit la porte de son bureau privé et, une fois qu'il eu laissé Malka entrer en premier, il entra à son tour. Il avait à peine refermé celle-ci que sa patiente y alla immédiatement d'une confidence étonnante. Elle avait vu sa mère. Luka regarda brièvement Malka, qui venait de prendre place sur une chaise, et alla à son tour s'asseoir. Fait étonnant, la jeune fille parlait. Beaucoup. Elle déballais tout son sac alors qu'habituellement elle ne parlait que peu. Le sorcier croisa les mains devant lui et écouta avec attention ce qui survenait. Ainsi, Malka avait vu sa mère à deux reprises à Pré-au-Lard. Hors, sa mère était décédée. Un problème, hein ! Personne n'avait vu la femme hormis la jeune Black, qui parlait d'hallucinations ou de folie. Certes, il était possible que ce soit effectivement des hallucinations, mais habituellement ces dernières survenaient assez rapidement après un choc. Pas neuf ans plus tard. Sauf si on parlait de schizophrénie qui apparaissait vers l'âge de quinze ans. L'âge de Malka ou à peut près. Mais avant de mettre une quelconque étiquette ou de sauter aux conclusions hâtives, il y avait autres choses sur lesquelles se pencher. Surtout dans l'univers des sorciers.

" Pour le moment, on va demeurer calmes et regarder un peu les choses en général, d'accord ? "

Luka tira son calepin à lui avant de tremper sa plume dans son encrier. Il fit un sourire confiant à Malka et lui demanda doucement :

" Est-ce qu'il y a des médiums dans ta famille ? La médiumnité peut survenir durant la jeune enfance mais aussi un peu plus tard dans la vie, de manière spontanée "

Ça c'était une question qu'un psychologue ou un psychiatre Moldu ne poserait jamais ! Mais, chez les sorciers la médiumnité était quelque chose de rare, certes, mais de normal. Il fallait investiguer de ce côté avant quoique ce soit. Tournant sa plume entre ses doigts, Luka attendit la réponse à sa première hypothèse. Et même si c'était négatif, cela ne signifiait pas que Malka ne puisse pas expérimenter les premiers rouages de la médiumnité non plus.

" Ta mère te semblais réelle, elle semblait faire partie de notre monde ou en être détachée ? "
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Malka Covey Black
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Ven 8 Déc - 2:26
Juste parce que le Gang Terreur ne perdait pas une occasion de lui répéter qu’elle était démente ne signifiait pas qu’elle l’était, tentait de se rappeler Malka. En temps normal, les insultes de Blair Boarson et sa bande l’auraient mise en colère, ou lui seraient passées par-dessus la tête, mais aujourd’hui n’était pas un jour normal. Elle glissa ses mains sous ses cuisses. On ne pouvait pas se pincer quand on était assis sur ses propres doigts. Or, elle avait tenu la promesse qu’elle avait fait à Nath : elle n’avait pas cédé à la tentation de se faire mal juste pour se donner un sens de la réalité, même si depuis trois jours, l’envie était de nouveau forte. Elle ne s’était pincée qu’une seule fois, quand elle avait cru voir sa mère aux Trois Balais. Bien, elle s’était mordu la lèvre aussi, mais ça ne comptait pas, si ? Ses mains, donc, et respirer. Après avoir vidé son sac d’une traite, la jeune femme réalisa qu’elle respirait vite, comme si elle venait de terminer une course. Non, non, non, ça n’était pas le moment. Tant bien que mal, elle se força à ralentir sa respiration avant que celle-ci ne s’emballe pour de bon sous le coup de l’angoisse. Le Psymage Petrov allait trouver une solution, si elle gardait son corps sous contrôle. Elle pouvait se contrôler, elle pouvait le faire, elle n’allait pas se laisser gagner par la panique, elle valait mieux que ce que pouvaient dire les filles Prissy et compagnie, elle n’était pas encore folle.


Elle aurait voulu que Luka lui dise que non, elle n’avait pas eu d’hallucinations et que tout allait bien, mais elle allait devoir se contenter de son ton de médecin prudent et de devoir « rester calme ». C’était frustrant, mais elle devait se rappeler qu’elle était venue exactement pour ça. Pour que son psymage reprenne les choses calmement et trouve une explication logique là où elle était incapable de le faire. Elle acquiesça donc de la tête. Le sourire qu’il lui adressait était rassurant, et elle prit le temps de réfléchir un peu avant de répondre :

« Je ne sais pas, probablement pas. La famille de ma mère était moldue, donc, eux, non. Mais du côté de mon père, je n’en sais rien. Je ne sais presque rien d’eux. J’ai une tante qui élève des Billiwigs en Australie, je crois. Je suppose que s’il y avait eu des médiums dans la famille, il m’en aurait parlé, mais je n’avais que sept ans quand il est mort, alors… Enfin, si mes parents avaient été médiums, ils ne seraient pas morts dans une attaque surprise, et je ne serais pas ici, alors, je ne crois pas, non. »

Encore une fois, elle s’était laissée emportée par un flot de paroles inhabituelles là où elle n’aurait répondu que par quasi monosyllabe en temps normal, et encore une fois, sa respiration s’était accélérée. Bizarre que la peur la rende bavarde comme ça. Elle n’aimait pas du tout cette idée de médiumnité.  Elle ne voulait rien avoir à faire avec quoi que ce soit ressemblant de près ou de loin au don de voyance Koric. Julianne lui avait expliqué un peu la chose lors de l’une de leurs leçons d’élémentalisme, mais elle n’avait jamais eu besoin d’explications pour savoir que cette chose était une incarnation du mal au même titre que le don de souhait. Non, elle ne voulait pas que ça soit ça. Et puis, les médiums voyaient le futur, non ? Sa mère vivante appartenait au passé. Non, ça n’avait pas de sens.


Elle regarda le psymage Petrov prendre des notes de sous ses cils. Impossible de savoir s’il écrivait des choses positives ou négatives, il avait sa tête de médecin neutre sur lui, et elle savait par l’expérience que cela ne servait à rien de se perdre en conjectures à ce stade. Ce qui n’empêchait pas de se demander s’il y avait une bonne ou une mauvaise réponse à sa question suivante. Au moins, ça la concernait elle, et non pas un historique familial dont elle ignorait tout, alors, elle allait pouvoir répondre.

« Réelle. Aussi réelle que vous l’êtes pour moi en cet instant. Elle avait juste l’air normale et… vivante. Pas comme un rêve. Et pas comme une moitié-morte non plus, vivante normale, à marcher et boire, et dans le même décor que moi. Pas dans une faille temporelle, je veux dire. »

Elle s’était fait avoir une fois, lorsqu’elle était tombée dans le passé et qu’elle était tombée sur Walburga Black, décédée dans le présent. Mais elle avait vérifié, et ça n’était pas ça, elle en était sûre.

« Mais elle était seule. Je ne l’ai jamais vu parler avec quelqu’un d’autre, ou rentrer dans quelqu’un, même quand elle était au milieu de la foule. A sa table, après, il y avait bien un verre vide, mais la serveuse n’avait pas souvenir d’elle. » ajouta-t-elle avec un ton de défaite.


Comment fallait-il interpréter tous ces détails ? Elle ferma les yeux un bref instant, et le noir lui apporta un élément de réponse. C’était peut-être sa respiration qu’elle avait du mal à dompter, mais la conversation lui rappelait des éléments de sa captivité chez les Deux Grands et elle reprit, à voix basse cette fois-ci, comme pour ne pas réveiller de mauvais souvenirs :

« Chez les Deux Grands, dans ma cellule, quand je me sentais proche de mourir, je voyais ma mère, parfois. Je sentais sa présence. Je savais qu’elle n’était pas là physiquement, mais je pouvais l’imaginer presque aussi bien que si elle l’avait été. Et l’entendre me parler pour me rassurer ou m’encourager, aussi. Je savais qu’elle était morte, mais elle était là, et alors, ça ne faisait pas si peur de mourir. Mais samedi, c’était différent. Je n’étais ni fatiguée, ni affamée ou déshydratée ou fiévreuse ou blessée, je n’avais pas envie de mourir, et j’ai VU ma mère. Je ne l’ai pas imaginée, je l’ai vue. J’ai beau savoir que ce n’est pas possible, je ne peux pas y penser autrement. Elle était là pour de vrai. »



Sa dernière phrase n’était presque qu’un souffle, mais un souffle véhément. Au fond, de quoi cherchait-elle à se convaincre, avec ce flot de paroles forcées à travers son souffle court ? Qu’elle avait un problème, ou bien que ce qu’elle avait vu était plausible ? Il fallait qu’il lui explique comment son cerveau pouvait créer des images aussi réalistes que celle-là, parce que ses yeux et son cœur y avaient cru à 100%... et peut-être bien qu’elle avait envie d’y croire encore. 
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Luka Petrov
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Ven 8 Déc - 10:42

Luka
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Malka
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Je vois des gens qui sont morts
Luka observais attentivement sa patiente alors qu'elle parlait. Hormis qu'elle démontre des signes d'angoisse évidents; souffle rapide et court, voix relativement saccadée, mains cachées pour lutter contre une envie d'automutilation, ce qu'elle racontais était cohérent et bien campé dans la réalité. Il n'y avait aucun signe de perte de contact avec la réalité ou de psychose dans le discours, hormis celle d'avoir vu une personne morte et encore. Il pouvait s'agir d'une personne qui ressemblait à la mère de Malka voire d'une sosie. En tout les cas, rien ne laissait entrevoir une véritable schizophrénie jusqu'à maintenant à tout le moins.

" Les médiums n'ont rien a voir avec la voyance, Malka. La plupart des gens les confondent avec les voyants, mais les médiums ne peuvent en réalité que voir les esprits ... les fantômes comme les nomment les Moldus. Les médiums peuvent les voir, les entendre et même parfois communiquer avec eux. Et ils n'ont rien à voir avec les nécromanciens non plus, n'ayez craintes ! Ils ne peuvent que percevoir l'autre monde, pas le contrôler. "

Mais, Malka n'était pas médium non plus. En tout les cas, pas selon ce qu'en savait Luka. Le psymage déposa sa plume avant d'ajouter :

" Selon ce que vous m'en dites, il ne s'agissait pas du fantôme de votre mère, puisqu'elle vous aurait apparue translucide, tout comme les esprits de Poudlard se présentent. Et ne vous fiez pas à ce que la serveuse à vu ou pas. La plupart du temps, elles ne remarquent pas leurs clients, elles sont trop occupées à se remémorer leurs commandes, surtout quand c'est achelandé "

S'il fallait que les serveuses se souviennent de tous les gens qu'ils servaient, surtout lors d'une sortie des élèves de Poudlard ! Disons qu'il n'y avait pas plus occupé comme journée. Alors non, rien qui ne laisse entrevoir une hallucination. Mais, en même temps ce qu'avait vu Malka était impossible hormis que la femme en question ait un lien de parenté quelconque avec la défunte. L'homme hocha la tête devant le discours de Malka sur sa rétention chez les Deux Grands. Oui, quand on frôlais la mort il était normal de sentir les défunts près de nous.

" Je ne crois pas que vous avez eu des hallucinations, Malka. En tout les cas, vous n'avez jamais présenté de signes de psychose, que ce soit avant ou maintenant. Votre discours est organisé, votre contact avec la réalité juste. Il est vrai que certaines affections psychiatriques apparaissent vers votre âge, mais si c'était le cas actuellement, il y aurait d'autres manifestations ... comme des voix qui vous parlent, souvent pour vous dénigrer. Ce sont des voix qui viennent de l'extérieur de vous et non pas la voix de votre conscience. Vous n'entendez pas de voix, sinon je crois que vous l'auriez déjà nommé. "

Malka semblait prête à tout déballer, son angoisse la poussant à comprendre. Alors non.

" Mon diagnostic vous concernant est une névrose d'angoisse avec survenue occasionnel d'épisode panique. dit Luka d'un ton calme avant d'ajouter :

" Les névroses s'expriment par des troubles dont les patients sont conscients et dont la survenue est liée à des traumatismes psychologiques récents ou anciens. Le sujet névrosé a une perception exacte de la réalité qui l'entoure, de son trouble qu'il peut décrire en général. Dans l'esprit du névrosé en effet, la réalité ne présente aucune altération profonde mais seulement une certaine déformation. Les troubles, d'ordre affectif, ne diminuent en rien les facultés de la personne. Il garde toute sa lucidité, toute sa raison, encore que cette dernière apparaisse sensiblement infléchie et le conduise à vivre sur ce qu'on peut appeler une "logique morose". Une autre caractéristique des névroses réside dans le fait que le sujet a parfaitement conscience du mal qui le frappe et le combat en en recherchant les causes autour de lui."

Le sorcier croisa les mains devant lui, sourit et laissa le temps à sa patiente de comprendre les détails de ce qu'il venait d'énoncer. Il ajouta ensuite :

" Ça décrit parfaitement ce que vous me présenter maintenant. Le fait d'avoir été enlevée par Faussecreth a ravivé vos souvenirs liés aux Deux Grands, activé votre angoisse et votre cerveau réagit en produisant exactement ce qui vous faisait du bien à l'époque ... la présence de votre mère. Vous avez besoin de vous rassurer. Vous n'avez pas d'hallucinations, c'est contraire à votre structure psychique "

On ne refaisait pas la science, toujours !

" Mais vous savez qu'il ne s'agissait pas de votre mère, Malka ... même si votre coeur et votre tête le souhaitent très forts " dit-il d'un ton doux
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Malka Covey Black
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Ven 8 Déc - 16:34
Evidemment qu’il ne s’agissait pas d’un fantôme. Sa mère ne lui avait pas semblé translucide, elle lui avait semblé de chair et d’os ! Elle secoua la tête. Oui, peut-être qu’elle confondait les médiums, les voyants et… non, Luka venait de préciser que ça n’avait rien à voir avec les nécromanciens. Merlin merci ! Non, elle ne pensait pas être médium, et elle en était bien contente. Elle n’avait pas plus envie de pouvoir parler aux morts que de voir le futur. Il y avait assez à faire au milieu des vivants. Il y avait une raison pour laquelle elle ne s’était pas inscrite au cours de divination (en plus que d’après Tante Amélia, ça ne servait à rien). Elle voulait juste une vie normale, avec peut-être une exception pour ce qui relevait d’Avalon, mais calme. Etait-ce vraiment trop demander ?


Ecoutant son psymage lui donner les explications qu’elle avait tant cherché avec son ton calme lui permit de se détendre légèrement sur sa chaise et de pouvoir se concentrer sur son souffle, ce qui était plus facile quand elle n’essayait pas de parler. Où voulait-il en venir avec son histoire de serveuse ? Oui, ça avait été une grosse journée, mais quoi alors, c’était possible que sa mère ait été là et que simplement la serveuse ne s’en soit pas souvenu ? Dans quel sens est-ce qu’il allait ? Il n’allait quand même pas lui dire qu’elle avait vraiment vu sa mère, toujours ? Elle écarquilla un peu les yeux. Non, elle n’avait pas d’hallucination ? Alors, ce qu’elle avait vu était vrai ? Elle-même n’avait pas de formation en psymagie : si elle voyait des choses qui n’existaient pas et qui n’étaient pas liées à un phénomène magique, elle appelait ça une hallucination et ne faisait pas de subtilité de plus. Donc, si elle n’avait pas imaginé sa mère… Il venait de la perdre, là. Apparemment qu’elle n’avait pas de psychose et c’était bien. Pas folle, donc. Elle secoua vivement la tête. Non, elle n’avait pas entendu de voix, par tout l’or des farfadets ! Elle avait juste vu sa mère décédée vivante, mais c’était tout. Une illusion visuelle incroyable, mais c’était son seul symptôme.


Elle se força à inspirer lentement. Elle gardait le contrôle. Expira en faisant durer le mouvement le plus longtemps possible, luttant contre l’envie d’haleter. Elle n’avait pas besoin de tout cet oxygène, elle était juste assise là. Inspirant de nouveau, elle releva les yeux vers Luka alors qu’il lui annonçait son diagnostic. « Névrose d’angoisse avec survenue occasionnelle d’épisode panique » ? C’était un long groupe nominal, ça, mais elle comprenait parfaitement la partie « épisode panique », parce qu’elle était en train d’essayer d’en éviter un à l’instant même. Il fallait qu’elle reste concentrée pour suivre ses explications, parce qu’elle en maîtrisait pas le concept de névrose. Traumatisme, ça oui. Elle en avait un catalogue, il n’y avait qu’à choisir, probablement. Réalité perçue normalement à part une déformation : ça, c’était sa mère. Donc il n’était pas en train de lui dire qu’elle l’avait vraiment vue.

« Logique morose ? Qu’est-ce que c’est ? »

Ca, elle n’avait pas compris. Qu’est-ce qu’il voulait dire ? A part ça, ça semblait effectivement décrire son cas assez justement. Elle savait qu’il n’était pas logiquement possible qu’elle ait réellement vu sa mère, sinon elle ne serait pas venue ici. Les gens vraiment malades ne se rendaient pas compte qu’ils l’étaient, probablement.

« Mais pourquoi seulement maintenant ? J’avais besoin de ma mère quand Sirius a été enlevé, quand Faussecreth me harcelait… pas maintenant que tout va bien. Et pourquoi est-ce que mon cerveau irait imaginer ma mère plus vieille et avec une nouvelle coupe de cheveux ? Ca n’a juste pas de sens. »

Elle était vraiment reconnaissante au médicomage Petrov de lui donner toutes les explications avec la franchise qu’il aurait eu pour un adulte, mais certains détails n’étaient juste pas logiques. Quand elle était en captivité, ce qu’elle savait être une illusion, ou en tout cas quelque chose de pas matériel, avait suffit à la réconforter. Pourquoi est-ce que son cerveau lui aurait soudain fournit cette image de sa mère ultra-réaliste qui au final l’inquiétait ? Au moment où tout allait enfin de nouveau bien dans sa vie ?


La vague de chagrin qui la submergea soudain quand Luka lui dit qu’il n’était pas possible qu’elle ait vraiment vu sa mère la prit par surprise. Elle se mordit la lèvre, étonnée de sentir ses yeux la piquer. Bien sûr qu’elle savait au fond d’elle-même qu’il ne pouvait pas s’agir de sa mère, mais pendant ces trois jours, elle avait cherché toutes les explications possibles et imaginables. Et dans un petit coin de sa tête, l’idée que peut-être elle l’avait vue parce que c’était vrai, que sa mère n’était pas morte, s’était discrètement et tenacement accrochée, un faux espoir qu’elle n’avait pas vu venir et qui faisait soudain fort mal à déraciner. Oh, Maman ! Incroyable comme en cet instant, sa mère lui manquait avec férocité. Pas l’inconnue de Préaulard, mais sa « vraie » maman, celle de ses souvenirs. Elle la voulait soudain comme on veut de l’air pour respirer, comme quelque chose de vital dont elle avait besoin, là, tout de suite. Cette stupide, vision, hallucination, névrose, qu’on appelle ça comme on voulait, venait de lui arracher brutalement la croûte d’un deuil qu’elle pensait cicatrisé depuis longtemps. Elle battit des cils. Vraiment, elle n’avait pas pleuré depuis son enlèvement par Faussecreth pendant l’été et c’était maintenant que les larmes choisissaient pour vouloir sortir ? Pas question.


Elle déglutit dans un bruit de sanglot étouffé et se redressa sur sa chaise, yeux brûlants mais maintenus secs par un gros effort de volonté.

« Est-ce que ça risque encore d’arriver ? Qu’est-ce que je fais si je la vois encore ? Je veux dire… si je crois que je la vois ? »


Elle ne voulait pas que ça recommence, c’était trop cruel. 
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Luka Petrov
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Sam 9 Déc - 16:02

Luka
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Malka
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Je vois des gens qui sont morts
Les explications qu'il avait donné à Malka semblaient l'avoir rassurée quelque peu. En tout les cas, la jeune fille semblait un peu plus détendue, sa respiration était un tantinet moins rapide. Voir sa mère décédée avait dut lui causer un grand choc et l'homme était surpris qu'elle n'ait pas complètement disjonctée dès qu'elle l'avait vu ou cru la voir.Sa maîtrise d'elle-même démontrait bien que la structure psychique de Malka était bien ancrée malgré les traumatismes importants qu'elle avait vécu. En fait, le psymage n'avait jamais vu une personne avec une faculté de résilience pareille. La plupart des gens seraient devenus fous à lié à vivre le tiers de ce qu'elle avait vécue dans sa jeune existence. Mais Malka, elle, elle n'avait qu'une tendance à l'angoisse et aux crises de panique. C'était admirable comment le cerveau humain pouvait fonctionner. La psychologie était vraiment un domaine fascinant. Le sorcier eu un sourire avant d'expliquer :

" La logique morose est la tendance à voir les choses négativement ou à croire que tout ira mal avant que cela ne survienne. C'est se faire, en quelque sorte, des scénarios de défaite avant de vivre un événement. Dans la tête d'une personne angoissée, le pire arrive toujours ... mais dans la réalité, il est rare que cela soit aussi pire qu'on l'a imaginé "

Donner des explications ainsi lui donnait presque envie de devenir enseignant à l'institut de médicomagie, tiens ! Haha, la tête que ferait Eavan s'il devenait professeur durant ses heures perdues ! Ça lui irait bien des carrés de tissus sous les coudes ? Bon, il n'allait pas se perdre dans des idées de dingue, il avait une patiente devant lui. Luka écouta les questionnements de Malka. Pourquoi maintenant ? Ha. Ça. C'était dur à dire. Le sorcier haussa un peu les épaules avant d'ajouter :

" Difficile à dire. Le cerveau est complexe et parfois on a bien du mal à comprendre comment la psyché humaine fonctionne. Peut-être que maintenant que le stress est tombé, votre esprit à besoin de faire le plein de positif. Ou peut-être vivez-vous quelque chose dans votre vie de jeune femme qui ouvre un besoin de contact maternel ? À votre âge, on arrive à un croisement entre l'enfance et l'âge adulte ... on commence à vivre des choses plus matures et peut-être qu'un besoin d'une oreille féminine monte vous"

Pourquoi elle avait une nouvelle coupe de cheveux ? Et pourquoi elle était plus vieille ? Heu ... Okay. Luka demeura stoique quelques secondes, réfléchissant aux questions. Merlin. Hey bien, peut-être que ... enfin, il n'en savait trop rien. La seule explication possible était peut-être ça :

" Bien ... vous étiez jeune quand votre mère est partie, Malka. Votre cerveau doit faire remonter des éléments différents des souvenirs que vous croyez avoir. La mémoire est une faculté qui oublie ... et qui est malléable "

Luka tendit la main vers la gauche et la déposa sur une boite de mouchoir, qu'il fit glisser devant Malka. Les larmes lui montaient aux yeux. Le travail du deuil était un chemin fort long à parcourir et il était normal que sa patiente en ressente encore les élans. Élans qu'elle voulait refouler apparemment.

" Les larmes refoulées finissent toujours par nous empoissonner. Ce n'est pas une faiblesse de pleurer, vous savez ... pas ici "

Le sorcier fut à nouveau prit de cours par les questions de Malka. Que devait-elle faire si elle revoyait l'image de sa mère. Par le slip de Farfouille le lutin !

" Fermez les yeux, respirez bien profondément ... détendez-vous et essayez de vous dire que vous êtes en parfaite sécurité. Vous devez parvenir à vous rassurer vous-même. "
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Malka Covey Black
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Dim 10 Déc - 4:41
[Je commence à me dire que je trouve ça beaucoup trop fun de torturer Malka avec le retour de sa mère… Laughing  Le jour où les deux vont se croiser, Luka va pas y croire non plus.]

Un petit rire nerveux vint dérailler ses inspirations soigneusement comptées. La définition de « logique morose » que lui donnait Luka était parfaitement claire, mais elle avait un peu de mal à être d’accord. Si elle avait peur qu’il lui arrive des trucs… bien c’était parce qu’il lui arrivait des trucs ! C’était les autres qui étaient trop optimistes, pas elle qui avait un problème de ce côté-là. Les statistiques étaient peut-être basses, mais derrière les chiffres se cachaient de vraies personnes. Souvent elle, en l’occurrence.

« Le pire n’est pas si rare que ça. Quelle est la probabilité de se faire kidnapper par deux psychopathes avant son seizième anniversaire ? La deuxième fois n’était pas si pire que je l’ai imaginé, mais seulement parce que Faussecreth est mort avant d’avoir eu le temps de me violer. »

Elle était un peu surprise de s’être laissée à exprimer cette crainte particulière, mais puisqu’après tout, c’était le jour du grand déballage… Comment est-ce que le psymage Petrov faisait pour être aussi serein au quotidien ? Elle avait grandi dans un monde traversé par des épisodes de grande violence. Il suffisait de mettre en pied hors de l’oasis familial pour que des créatures monstrueuses vous foncent dessus, et parfois même, elles venaient dans votre foyer, et c’était elle qui avait un problème ?


Dans tous les cas, elle appréciait l’aptitude de Luka d’avoir réponse à tout. Oui, vu ce qu’elle venait de dire, son cerveau avait bien besoin de positif, ça avait du sens. Elle hocha la tête. Elle ne saurait jamais ce que ça faisait de grandir avec une mère à ses côtés, et cela lui manquait. Qu’est-ce que sa mère aurait pensé de Nath, par exemple ? Est-ce que les filles normales parlaient de ça avec leur mère, ou bien est-ce que ça les gênait ? Elle n’en avait aucune idée. Elle n’avait pas les codes. Mais elle aurait bien voulu que sa mère lui raconte ce qu’elle faisait quand elle avait son âge, comment elle avait commencé à sortir avec son père, si peut-être elle avait eu d’autres petits amis avant lui… Il y avait effectivement des questions dont la réponse ne se trouvaient pas dans le livre que lui avait offert Sirius sur les relations amoureuses et sexuelles, suite à leur conversation ultra gênante de l’année précédente.

« J’ai un petit copain. Et… quand Sirius était prisonnier, mon frère a suggéré que s’il ne revenait pas, je pourrais m’émanciper et m’occuper de lui. Ca m’a fait peur, je crois. »

Elle était la sœur de Procyon, pas sa mère ! Heureusement que ce scénario ne s’était jamais réalisé. C’était drôle comment, quand elle pensait à sa mère, elle appelait Sirius « Sirius » dans sa tête, et non « Papa » comme elle avait tendance à le faire au quotidien. Mais il était bel et bien devenu son père et elle tenait à lui comme à la prunelle de ses yeux (et non, elle ne pensait pas cette expression à la légère). Le perdre lui, en plus de tout le reste, aurait été dévastateur. Rien que d’y penser augmentait le picotement dans ses yeux.


Elle haussa les sourcils. Oublier que sa mère avait été plus vieille ? Ca n’était absolument pas logique, son cerveau était stupide !

« Ca n’a juste pas de sens. » répéta-t-elle. « Je me souviens beaucoup trop bien de l’apparence physique de mère. J’ai dû rêver de notre dernier soir des centaines de fois. »

Son problème était justement de ne pas oublier. Quoi qu’il fût vrai que dans ses cauchemars, son regard était plus attiré par le cœur de sa mère hors de sa poitrine que par ses boucles blondes. Malka ferma les yeux, se forçant à convoquer l’image pour l’examiner, ce qui eu pour résultat de la faire se recroqueviller sur sa chaise. Du sang avait giclé sur les longs cheveux de sa mère comme sur le reste de sa personne, à tel point que certaines mèches semblaient roses. De longues mèches, qui lui tombaient sous les seins. Elle était formelle, elle n’avait jamais vu sa mère avec les cheveux aux épaules comme samedi dernier.


Elle ouvrit les yeux, prit le temps de regarder autour d’elle le bureau familier pour s’ancrer dans le présent. Il fallait qu’elle arrête, c’était elle qui n’avait pas de sens. Peut-être que sa mère avait eu les cheveux plus courts quand elle était toute petite ? Ca n’avait sans doute pas d’importance, si ce n’était que cela lui donnait une excuse pour nier la réalité : Evangeline Covey était morte. Morte. Merlin, pourquoi est-ce que ça faisait soudain aussi mal d’énoncer mentalement une vérité qu’elle connaissait pourtant depuis neuf ans ?

Avec un certain regret, elle sortit une main de sous ses cuisses et agita ses doigts engourdis avant d’attraper un des mouchoirs que lui tendait Luka. Elle n’aimait pas pleurer. C’était… désordonné. Les larmes silencieuses passaient encore, mais elle sentait monter en elle l’envie de sanglots bruyants d’enfant, le genre qui vous donnait en spectacle et vous mettait la morve au nez. C’était humiliant ! Puis, si elle commençait maintenant, elle n’allait jamais s’arrêter. Toutefois, un sanglot la secoua et elle perdit la bataille, ses yeux se transformant en fontaines. Toute cette bonne eau en train de partir ! Elle allait se déshydrater et c’était tout ce qu’elle allait gagner, ce qui serait sacrément ironique pour une élémentaliste d’eau. Elle se tamponna donc frénétiquement les yeux, abandonnant tout effort pour compter sa respiration à travers ses traîtres sanglots. Evidemment, elle savait rationnellement qu’elle pouvait pleurer ici en toute sécurité. Elle n’avait pas à rationner la moindre parcelle d’humidité comme lorsqu’elle était prisonnière des Deux Grands. Toutefois, certaines habitudes avaient la vie dure. Ses pleurs redoublèrent, assortis de reniflements inélégants. Ce qu’elle aurait vraiment voulu, c’était que sa mère la prenne dans ses bras pour la réconforter. Et ça n’allait jamais, jamais arriver. Jamais plus elle n’allait cacher son visage dans le rideau blond de ses cheveux, respirer son odeur, sentir ses mains caresser son dos dans un geste de réconfort, recevoir un bisou magique.

« D’accord. Je ne vais pas me mettre à voir d’autres trucs qui n’existent pas alors, n’est-ce pas ? »

Fermer les yeux, respirer profondément. Elle mit les conseils en pratique immédiatement, essayant d’absorber la vague de chagrin qui la submergeait, puisqu’elle ne pouvait pas l’éviter. Juste se calmer pour l’instant, et peut-être pleurer encore plus tard, à l’abris derrière les rideaux à baldaquin de son lit. En attendant, elle rouvrit les yeux. Ces sales traîtres coulaient toujours mais ses sanglots s’étaient calmés. Elle se moucha, et décida de prétendre qu’elle n’était pas en train de déverser des litres d’eau salée sur son visage.

« Personne n’est jamais en parfaite sécurité nulle part. »


Est-ce que c’était sa « logique morose » qui parlait quand elle disait ça ? C’était vrai, pourtant. La sécurité n’était qu’une illusion. Quand elle allait bien, elle arrivait à la maintenir, parce qu’elle en avait besoin comme tout le monde. C’était épuisant d’être sur le qui-vive permanent. Mais juste parce que les gens savaient bien faire semblant ne signifiait pas qu’ils étaient en sécurité. A part peut-être dans la Salle des Maraudeurs. Ca, elle voulait bien l’admettre. Son père lui avait particulièrement bien vendu ce conte-là. 
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